|
| Agoride > Surf > Spots
|
| 20/09/2001
Sud-Ouest - Reefs Mythiques
|
Souvent comparée au Sunset Beach d’Oahu, la droite de Guéthary ne doit pas faire oublier deux gauches aux allures non moins Hawaiiennes : Les Alcyons et Avalanche. Quant à Lafiténia, elle hérite du titre de plus belle droite de france. |
| Guéthary - Alcyons - Avalanche |
Il s’agit ici de la vague de Parlementia, dont le reef fait face à la commune de Bidart et non celle de Guéthary. Cette histoire de clochers n’ayant pas grande importance, regardons un peu ce reef de la Côte basque où casse une droite qui a souvent été comparée à la vague étalon de Sunset Beach à Hawaii par des Jeff Hakman et Gary Elkerton, tout deux experts de ces deux spots.
Première constatation qui saute aux yeux : c’est tout sauf un shorebreak puiqu’on surfe jusqu’à 1 km au large ! Au pire, ça suppose un bon quart de rame depuis le bord avant de pouvoir se placer sur cette zone de take off beaucoup plus large qu’un mouchoir de poche. Ce surf en haute mer suppose plusieurs difficultés comme la perte de confiance d’être si loin de la terre ferme. D’abord, on prend difficilement des repères visuels pour bien se placer ; la falaise étant loin, mieux vaut se fier aux autres surfers, aux " marmites " ou aux points de déferlement pour bien anticiper le take off sans trop risquer de se faire ramasser par la série qui décale.
Deuxième problème donc, la vague a grosso merdo 3 points de déferlement dont le plus au sud est particulièrement traître parce que difficile à éviter. C’est là qu’on peut surfer en gauche, tout en sachant qu’on s’enfonce dans la zone d’impact et que si la série du nord rentre à ce moment-là, on mange sérieux avec une option directe pour le grand tour. Le point d’impact de Guéthary n’a peut-être pas la violence extrême de Sunset mais les mousses roulent beaucoup plus longtemps parce que le reef est plat. La première section de Guéthary est vraiment massive et avance à donf’, ce qui demande un timing anticipé au take off de plusieurs secondes avec un point de non retour rapidement dépassé. Tout ce laïus un peu obscur signifie qu’il faut prendre le risque au take off de partir sur une vague qui va fermer (heureusement c’est rare), sous peine de prendre la série sur la tronche en cas de refus de vagues.
Une fois le premier pic déferlé avec une épaule où on tape rarement plus de 2 rollers, la vague s’enroule dans la baie sur une distance de 200-300 mètres max. Le premier pic est surfable jusqu’à 4-5 mètres dans les bonnes conditions. Si la vague ne s’aplatit pas trop, y’a moyen d’enchaîner toute une série de cut backs mous jusqu’à l’inside. C’est là qu’un longboard évite de pomper comme un "ouf" pour rattraper l’inside.
Pas facile que de rattraper cet inside, qui a tendance à partir en gauche. Au-dessus de 2m50, il est quasi-insurfable. Autant l’inside donne souvent mieux de mi-marée à marée haute, autant l’outside est plutôt une option de marée basse. Attention quand même au reef qui, s’il est plat, peut réserver certains chocs. De là fin de l’inside, on rejoint le bord à environ 200 mètres. Au total, la vague peut être longue et éprouvante avec une facilité nette pour les natural footers.
Quand c’est magique, c’est à dire une houle de 1 à 3 mètres avec un vent de sud-est, c’est la foule au pic. Mieux vaut être bon ou avoir une grande planche pour avoir une chance de bien shooter. Hormis ces 30-40 jours par an de belles conditions,
il reste encore
les jours moins idylliques où le vent d’est ou nord-est souffle fort ou en hiver quand la mise à l’eau suppose un léger supplice d’affronter un surf au large.
N’oublions surtout pas que Guéthary abrite au sud de la baie 2 gauches qui valent à elles seules le détour . Primo, Avalanche est sans nul doute le big wave spot en France où ont été surfées des vagues jusqu’à 6 mètres, même si elle a été concurrencée l’année dernière par la gauche de Lafit’ pendant les Masters. On y fait des take offs (et des tubes parfois) hallucinants pour peu qu’on assure et qu’on ait des couilles en ne négligeant pas le fait qu’un gun de 8 pieds ou plus est presque indispensable.
Deuxio, l’inside de cette gauche qui ne connecte jamais avec l’outside s’appelle Les Alcyons, qui marche de mi-marée à marée basse, dont la qualité est peut-être supérieure à Guéthary parce que ça pulse tout le temps avec des sections épaisses pas évidentes mais régulières.
Courte et intense avec de gros bouillons soulignant la proximité d’un reef accidenté et un jus quasi-permanent, Les Alcyons ne supporte pas la foule et comme les meilleurs du coin sont souvent de sortie alors chaud devant !
Il faut bien comprendre que depuis 40 ans que Guéthary est courtisée, elle a une clientèle de fidèles.
Ça a donc commencé dès le début des années 60 quand les Barland, Reinhard, De Rosnay et Moraiz ont quitté la côte des Basques pour chercher les reefs de grosses vagues. C’est en 1964 que Surfer Magazine consacrait Guéthary avec une double page en titrant "The Fabulous french surf", malgré sa rivale désormais éteinte : La Barre. En octobre 1998, le spot était le théâtre des championnats du Monde de longboard Oxbow avec des conditions de houle hallucinantes, notamment le premier week-end avant les éprueves où 22 longboards furent cassés en 2 jours. Le spot est aussi le rendez-vous du Surf Session Big Wave Challenge qui eut lieu en 1990, en 1994 et en 1998 entre Parlementia et la digue du Boucau.
Guéthary a toujours été le jardin de champions qui assurent dans le gros comme à l’époque Cyril Robert, François-Xavier Morin, Romuald Jonqua et Christophe Reinhardt (encore et toujours) où plus récemment les Nicolas Borde, Manu Portet, Xabi Lafitte, Peio Lizarazu…La moyenne d’âge des riders est de toutes façons plus élevée que sur un beachbreak.
Il suffit donc d’arriver par le train pour se rendre compte du site enchanteur de ce petit port basque dont le village est accroché dans les falaises escarpées, malheureusement coupé par la RN10 et l’A10. La gare la plus surf de France vous pose pile au spot, avec le line up d’un côté et le surf shop de l’autre.Les points de vue imprenables sont légion. On aura tendance à mater les séries depuis la balustrade près du parking, depuis l’Hétéroclito, sorte de bar-terrasse-resto fait de bric et de broc, à moins qu’on ne préfère les trois restos du port (Alcyons, Etxeterra,Txamara) ou ceux de Parlementia (Goofy Food, Bahia Beach) pour être plus près de l’eau.

Guéthary possède son bar basque, son fronton basque, ses vieux Guéthariars qui prennent le soleil quand il veut bien se montrer et ses immenses maisons : bref, on est sur la côte Basque.
|
| |
| Lafiténia, le Bell’s Beach de la Côte basque |
Certains spots sont arrivés grâce à une mauvaise signalisation, un clan de locaux naguère survoltés et un accès pas super facile à garder un certain anonymat, j’ai nommé Lafiténia. Mais ne rêvez pas trop, c’est maintenant toujours la Chine quand ça marche, sauf les petits matins d’hiver et les jours où ça cartonne bien ! Plusieurs versions s’affrontent pour attribuer la paternité du spot découvert il y a prés de 30 ans un jour de mars 57.

Etait-ce un des frères Lartigau, Joël Roux ou John et Algie, de passage par là ? Toujours est-il que l’endroit est devenu rapidement le rendez-vous des hot Locals de la Côte Basque dès que la houle de nord-ouest prend une taille décente et ce, même si le vent de nord-ouest souffle à donf.
La petite cahute des MNS en face du spot est devenu le repère de surfers-peintres en herbe aux inspirations littéraires les plus folles comme en 1984 "La Grande (Plage de Biarritz), championne de France, les autres : des rigolos". Siège d’un localisme primaire dans les années 80, Lafit était à éviter pour qui comptait s’y radiner sans être dûment intronisé par un "local". Des claques y ont été distribuées, voire plus hard parfois sans compter les quelques atteintes à des caisses mal garées.
Tout cela a maintenant disparu parce que le privilège du local y a été aboli, peut-être le jour où Quiksilver a décidé de planter son usine de l’autre côté de la Nationale 10, avant de populariser définitevment le spot en y organisant les Masters deux années de suite en 1999 et 2000. La vague de Lafit’ a influencé toute une génération de surfers, tellement conditionnés par son déferlement que leur surf s’en ressent : Bernard Capdepont, Michel Chardiet le luzien, François-Xavier Maurin le longboarder ainsi que les Grands de la Grande comme Sammy, Graciet, Nabot et Nazeyrollas.
Une longue droite de reef, à l’inside capricieux
On ne trouve pas facilement le spot parce que Lafiténia n’est marqué nulle part et que la boucle depuis Acotz n’a rien d’évident pour qui n’aime pas les détours. Le nom vient de la maison achetée par M. Lafitte (pas Xaby Lafitte !), de l’autre côté de la route qui mène à Cenitz. Avec un peu de détermination, on arrive sur cette petite baie encaissée dans une falaise.
Avec 1,5 m de houle, on commence donc à voir péter cette longue droite qu’un Wayne "Rabbit" Bartholomew n’a pas hésité à comparer à Bell’s Beach. Le départ se fait non loin d’une pointe rocheuse dont le fond est tapissé de gros rochers qui forment des bouillons terribles, les marmites.
Ces tourbillons de l’enfer, surtout à marée basse ont deux inconvénients majeurs : une "marche d’escalier" au départ qui en a surpris plus d’un et une surface instable où certains virages deviennent des dérapages incontrôlés. Côté marée, il faut absolument éviter la marée haute surtout par grand coefs. Passé cette première section où le tube sait s’ouvrir pour qui sait s’y mettre, on tombe dans l’inside qui connecte plus ou moins facilement selon les années et selon la houle.
En fait, la section entre le pic et l’inside est souvent ce qui définit Lafit’ : un mur épais sans trop d’épaule qui tourne dans la baie. C’est l’endroit idéal de cut-backs à répétition. Avec une houle trop nord, l’inside se forme mal. Au contraire, si c’est trop ouest, ça aura tendance à fermer. Parfois, le banc de sable du milieu de la baie est trop large et les vagues qui connectent se comptent sur les doigts des palmes des biscottes qui envahissent le deuxième pic. Vu la violence de l’inside, c’est souvent gavé de bodyboarders prêts à sanctionner tout retard d’un surfer qui arrive du pic.
La vague mollit enfin dans un close out rare avant d’alimenter un shore break sur les galets beaucoup moins rare. Ce qui veut donc dire qu’on se met à l’eau au centre de la baie quand y’a une accalmie et qu’on sort plutôt à l’intérieur vers le camping.
On peut citer la gauche de l’autre côté de la baie, à titre anecdotique mais attention, c’est ultra-chaud. Peio Lizarazu y a fait pas mal de sessions quand ça commence à tarter au-dessus de 8-10 pieds et comment peut-on oublier les sessions en surf tracté de Septembre 2000 avec les Kelly Slater, Tom Carroll et autres furieux qui ont ravi la vedette aux shooteurs locaux.
La gauche de Lafit’ et son outside sont venus détrôner Avalanche dans le rôle de Big Wave spot de la Côte Basque.
Camping l’été, Lafiting l’hiver
Une des particularités de Lafit est ce camping d’Inter-Playa, niché dans la falaise. Ça n’est pas le seul d’ailleurs puisqu’on trouve toute une chiée de campings (pas moins de huit) dans le voisinage, prêts à loger le routard pour pas cher. Tout y est l’été et puis pof ! plus rien de novembre à avril. Alors, bien souvent on vient en caisse depuis Guéthary ou Saint-Jean-de-Luz se garer sur le grand parking aménagé à moins qu’on ait la chance de dégoter une des huit places de parking, en bas.
Ce qui permet d’éviter la remontée bien raide après le surf. Lafiténia est donc un des trop rares bons reefs de la côte basque, dont le mur après le pic peut varier entre tendu et rond à mou et plat. C’est toujours un peu la guerre au pic quand c’est bon avec une option sérieuse pour se faire ramasser par la série quand ça décale à l’intérieur et qu’on cherche la prio.
A la grande question : vaut-il mieux bouffer à Guéthary ou à Lafiténia, la réponse est la suivante. La zone de bouffe est plus étendue à Guéthary avec une zone d’impact plus violente mais le pic de Lafit tire terriblement à l’intérieur de la zone d’impact avec des blocs bien impatients de vous écorcher vif !
|
| |
|

|
 |
 |
|

|
| |
| Ajouter agoride.com à votre accueil personnalisé : |
| |
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|