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04/05/2001Rip Curl WCT de Bell’s
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 04/05/2001 Rip Curl WCT de Bell’s

Rip Curl sacre sa nouvelle idole, Mick Fanning, sur le spot de naissance de la marque.
 

Vu la nouvelle donne du circuit WCT avec seulement 9 épreuves chez les hommes et 6 chez les femmes, chacune d’elles devient d’autant plus importante, sans oublier un Prize Money survitaminé. A commencer donc par la première : le célébrissime Bell’s devenu le seul WCT en Australie. Il y eut bien en Mars un WQS sur la Gold Coast remporté par Taj Burrow, un autre à Newcastle (patronné par Mark Richards et la ville) épinglé par Mick Campbell dans des conditions dantesques et un dernier WQS à Margaret où justement un certain Mick Fanning se faisait déjà remarquer en ratissant la coupe.

Il faut bien comprendre que cette compétition de Bells à Pâques fait figure de reine dans le circuit Australien puisque le 1er Bell’s Easter Rally eut lieu en 1961, soit 3 ans avant les 1er championnats du monde à Sydney en 1964. Un Woodstock du surf, qui s’est vite affirmé comme un rassemblement de tous les surfers du Victoria et ensuite de tout le pays, où se mèlent musique, camping, fêtes et compet de surf bien sûr. Petite précision, si certains pensent que Bell’s ("cloche" en anglais) fait référence aux cloches de Pâques, ils se fourrent la wax dans le nez. Le terrain au-dessus de la falaise appartenait à la famille Bell (un peu comme à Lafiténia) avant d’être concédé à l’Etat.

Il fallut attendre 10 ans pour que Rip Curl émerge comme le partenaire exclusif mais il se passa pas mal de choses avant. 1965 fut un crû exceptionnel avec des vagues de 3-4 mètres où il était très hypothétique de réussir une série avec un longboard privé de leash. Puis, les années suivantes connurent en avant-première mondiale la Révolution du Shortboard avec des petits gars du coin comme Wayne Lynch.


En 1970, ce sont les Championnats du monde qui consacrent ce lieu comme mythique. C’est Wayne Lynch qui gagne. Bell’s devient alors la première "Réserve de Surf" reconnue par un décret du Parlement australien pour la protection du site en faveur d’un environnement naturel dédié exclusivement au surf : une initiative avant-gardiste qui n’enfantera pas malheureusement sur le territoire australien.
Ce n’est qu’à partir de 1973 que Rip Curl commença à endosser le titre de parrain. Ce fut à peu près le temps que Bob Singer et Doug " Claw " Warbrick mirent à mettre un peu de cash d’avance après avoir démarré en 1967 et plus officiellement en 1969 avec les combinaisons en néoprène. Les deux compères ayant participé aux championnats du monde de 1964 et Doug étant devenu juge IPS sur les premières compets internationales, il leur fut complètement logique d’aider celle-ci à prendre son envol. Sans oublier que c’était Quiksilver qui sponsorisait les qualifs puisque c’est aussi à Torquay, à quelques pas de là, que la marque au vif argent s’est lancée. Alan Green et John Law étaient des potes de Doug et Bob (ils le sont encore) et il fut naturel de se répartir les rôles dans une époque absolument vierge de toute concurrence malsaine. Rip Curl faisait des combis et Quik faisait des boardshorts. Les consignes allaient de soit : tout était fait par des surfers pour des surfers et on n’employait que des surfers.

1976, Jeff Hakman est le premier étranger à remporter le Bell’s après 3 années consécutives de sacre du Furieux de Kirra : Michael Peterson. Ce sera une année décisive puisque ce sera l’occasion pour Jeff de lancer la marque en Californie et à Hawaii, propulsant Quik hors du territoire australien. 1981, c’est l’année de référence pour 2 raisons majeures. D’abord, les conditions de surf sont énormes, atteignant jusqu’à 6 mètres, auxquels les locaux font encore référence en parlant du Big Saturday. Et c’est Simon Anderson qui l’emporte sur un modèle de planche complètement inédit de sa propre fabrication : le thruster à 3 dérives.

1983 : autre année de fou puisque c’est Joe Engel qui gagne en étant passé par les Trials. Il sort Curren et Elkerton, la presse envoie déjà aux pros une petite pique en titrant : " Pour gagner à Bells, il faut avoir faim"

Voir la Vidéo

1987 : Nicky Wood n’a que 16 ans et devient le plus jeune surfer de tous les temps à remporter une épreuve ASP.

1993 : l’idée d’un site mobile apparait suite à de piètres conditions non seulement à Bells mais aussi à Winkipop, une droite à 300 mètres en contrebas, bien souvent plus tubulaire et plus longue que sa voisine. Le podium des juges déménage à Johanna, à deux heures au sud, de l’autre côté du Cape Otway et fait le bonheur d’un Damien Hardman. Sunsmart devient le sponsor régulier de la compet féminine, perpétuant encore une fois cette idée de fidélité. Sunsmart est une campagne gouvernementale visant à faire connaître aux Australiens les méfaits du soleil : record mondial de cancers de la peau pour ce pays baigné de plages, de surf, de soleil et d’UV moins filtrés par le trou de la couche d’ozone du Pôle Sud.

1998 : le local Tony Ray, bien connu pour ses aptitudes dans le big Surf, terrasse Kelly Slater dans du " 8ft perfect ", une performance qui prouve que la connaissance de la vague compte autant que la technique. "Occy’s Back ! ": Mark remporte son premier WCT après 12 ans d’absence et pose la première pierre de son parcours vers le titre mondial de 1999. Il est vrai que quand on regarde les noms des vainqueurs du Bells et ceux des champions du monde de la même année, on voit pas mal de croisement.

Cette année 2001 excitait pas mal de curiosités. D’abord par la nouvelle donne économique de l’ASP et de leur accord avec SMG pour produire des images diffusables dans un standard international dans le monde entier. Puis par le retour de Kelly Slater après deux ans en toile de fonds. Il y eut bien sûr une affaire Slater puisque Fanning préféra garder sa wildcard plutôt que de l’échanger, il fallait donc que Kelly se tape les Trials. Ensuite, par la blessure au genou du tenant du titre mondial, Sunny Garcia, dont on se demanda s’il allait pouvoir surfer.
Et que oui ! Puisque c’est lui qui sortit au 3ème tour Slater après une surprenante arrivée tardive de ce dernier dans sa série, vainqueur époustouflant des Trials mais deux fois perdant contre Sunny, au 1er et 3ème tour donc. Tant qu’à sortir des champions du monde, Sunny ne s’est pas fait prié puisqu’il s’est offert Occy au 4ème tour. Et le tout dans des conditions quasi-parfaites allant jusqu’à un gros 2m sur les bonnes séries. Qui allait donc écarter Sunny du chemin de la victoire ?
Un petit surfer extrêmement vif, dont la victoire au WQS d’ Anglet en 1999 ne fut pas suffisante à effacer une année 2000 maussade, marquée par une mauvaise blessure : Danny Wills. La recrue australienne estampillée Quik enchaîna snap sur floater avec des tail-slides et quelques bons airs, avec l’assurance qui l’avait amené à la 3ème place du Tour en 1999, après deux victoires en WCT d’affilée. Il disposa d’un Andy Irons pourtant très aérien et se profila donc une finale avec un revenant d’un côté et une Wild Card de l’autre : un certain Mick Fanning (cf. profil) qui accrocha donc à son palmarès Rob Machado (n°2), Luke Egan (n°3), Peterson Rosa, Taylor Knox et le sudaf’ Paul Canning. 30 minutes d’un duel Quik / Rip Curl dans des séries un peu inconsistentes mais toujours tirées à la règle dans un bon 1,50m. L’échange fut de haut vol et on a senti Mick Fanning faillir un peu sur la fin et commettre une erreur sur une excellente série où son choix de vagues précoce aurait pu laisser Willsy se tailler une vague à plus de 6,75 si cette vague s’était rapprochée. Heureusement pour Mick, cette vague déferla à quelques brasses de Danny.

POOOUUIINGGG ! Coup de corne final.


Et oui, il n’y eut pas de jetski pour poser Danny au take-off !
Petite apparté pour signaler encore cette année l’utilisation des jetskis sur cette compète. D’un côté, les puristes regrettent que cette pratique enlève la connaissance du spot et la force de rame dans l’équation de la victoire. De l’autre, les organisateurs rétorquent que ça permet d’avoir des temps de séries plus courts où les surfers prennent plus de vagues en étant plus radicaux sur leurs manoeuvres. Visuellement, pour la performance pure des surfers, l’intérêt est évident sachant que les conditions d’utilisation fixées par l’ASP sont strictes. Les jetskis ne sont qu’une option dans les conditions dangereuses ou incluant une longue session de rame. Les zone d’accrochage et de dépose sont définies à l’avance avec une trajectoire au large. Si deux surfers se retrouvent en fin de vagues, celui qui a la priorité sur la vague est ramassé le premier. Les jetskis sont pilotés par une équipe d ’experts (Tony Ray, Maurice Cole, Vetea David, Ross Clark Jones qui vient d’acheter une maison près de Bell’s où squatte Maurice d’ailleurs), qui font bien attention à ne pas créer un sillage parasite dans la face de la vague. A ceux qui ne sont pas encore convaincus, l’ASP rappelle que le leash a été interdit dans toutes les épreuves australiennes jusqu’en 1978 et que le débat a été le même à l’époque. Sauf que si la comparaison entre un fil de polyuréthane et un engin motorisé aussi sophistiqué qu’un scooter des mers illustre l’évolution de la technologie, où va-t-on ? Qu’en est-il de l’image véhiculée par des Pros assistés auprès du public de surfers qui en chie pour passer la barre, auprès d’un public non initié qui regarde l’océan comme le dernier espace libre et un public de jetskiers qui se disent " Tiens pourquoi pas aller surfer avec mon jet ?" Parce qu’il faut bien dire qu’entre les séries de compet, les jetskiers n’ont pas hésité à déchirer le curl des séries vierges qui passaient. Un truc rarissime à Bell’s, c’était tentant !

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Bref, on a oublié de parler des femmes où nos deux françaises Emmanuelle Joly et Marie-Pierre Abgraal se sont hissées jusqu’en 8ème quart de finale : pas mal !
La meilleure performance européenne revient à la Portugaise Patrica Lopez qui arrive en quart. Layne Beachley, triple championne du monde, rate son quart de finale tandis que les femmes en forme du moment, Melanie Redman, victorieuse du Roxy Pro et Heather Clark, la sud-africaine passent en demi. Heather rate sa finale en se plaçant 4ème tout comme Rochelle Ballard, déjà finaliste l’année dernière. L’impétueuse Mac Kenzie laisse la première place à Neridah Falconer qui, après 13 ans sur le tour devient la première femme goofy-foot à gagner backside à Bell’s. Il est vrai qu’en se mariant avec un surfer du Victoria, elle s’est acclimatée au coin. On retrouve esnuite nos ondines à Fiji pour le Roxy Jam pour l’épreuve la plus dotée de tous les temps (60.000 $) du circuit féminin tandis que les hommes n’ont qu’à bien se tenir puisque c’est l’ogre Teahupoo qui les attend à la mi-mai (les femmes aussi d’ailleurs).


Texte/Photos/Vidéo Antony "yep" Colas
 




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