|
| Agoride > Surf > Interviews
|
| 20/11/2002
Miky Picon
|
Miky a une grosse pression sur les épaules… Il a pour mission de mettre fin à l’exclusion de l’Europe de l’élite mondiale. Miky est à la porte du WCT. On a regardé par le trou de la serrure… |
Agoride : Salut Miky. Tu es resté un bon moment de la saison en tête du classement WQS. Quels sont tes objectifs de fin d'année ? Miky : Mon objectif reste le même : me qualifier pour le circuit WCT. Etre premier ne veut pas dire grand chose pour moi. D'une part parce que les grosses épreuves de la saison sont encore à venir et d'autre part parce que seule la qualification compte. Peu importe la place au classement. C'est juste bon pour le moral. Pour y arriver, il me faut des résultats !
A : Tout le monde attend de te voir accéder au WCT. Ressens-tu cette attente comme une pression ou un encouragement ? M : Je me suis habitué à cette " pression " au fil du temps. L'an passé, j'étais en bonne position pour y parvenir mais je n'ai pas eu de chance avec cette blessure. Je ressens les encouragements et l'attente de mon entourage. J'aimerais vraiment leur faire plaisir...
|
| |
A : Justement cette blessure qui t'as handicapé... C'était facile de revenir ou il t'a fallu une grande motivation ? Globalement, concourir en WQS, ça devient vraiment chaud ? M : Ca devient très chaud, c'est un circuit très difficile... C'est très long avec beaucoup de voyages donc ça demande une grande expérience à tous les niveaux. Mental, organisation, choix du bon matériel, etc... Ma blessure m'a permis quelque part de faire un break. C'est sûr que le moment n'était pas le meilleur car j'étais en pleine saison, mais je ne garde que le positif. J'ai beaucoup appris pendant cette blessure...
|
| |
A : Y-a-t-il une grosse différence de niveau entre le WQS et le WCT ? M : Le niveau a considérablement progressé en 2 ans sur le WCT. Tous les compétiteurs surfent bien les grosses vagues et la concurrence est rude. Mais cela reste vraiment accessible. Le fait que la moitié des surfeurs du WCT participent régulièrement à des épreuves du WQS contribue à réduire le fossé qui sépare les deux circuits. Je connais déjà tous les surfeurs de l'élite, ce qui constitue une expérience précieuse. La seule différence est dans le format de compétition. En WQS, il n'y a pas de man on man. Les séries se disputent à 4 surfeurs lors de sessions plus courtes. Pour gagner, il faut être meilleur que les autres mais surtout meilleur stratège. Un bon choix de vagues et la chance peuvent changer la donne. En WCT, à un contre un, tu dois être meilleur, tout court !
|
| |
A : Penses-tu que l'Europe puisse devenir une grande nation du surf ? Qu'est ce qu'ils manquent aux européens pour atteindre le niveau des ricains, australiens et autres brésiliens ? M : Je pense que l'Europe est déjà une grande nation du surf. L'équipe de France a terminé 4ème aux Championnats du Monde cette année... On a beaucoup de très bons surfeurs et des qualités de vagues exceptionnelles... Ce qu'il nous manque, ce sont des locomotives, des exemples, des grands champions comme Occy, Curren, et Slater qui reste encore aujourd'hui le meilleur surfeur de la planète.
|
| |
A : Aujourd'hui pour bien figurer au WQS (et à fortiori au WCT), est-ce que le style à encore une importance face à la technique ? Le cliché du mec doué qui a du style et qui ne s'entraîne jamais est-il encore viable à ce niveau ? M : Je pense que oui car il y a toujours des surdoués qui n'ont pas besoin de s'entraîner... Un bel exemple pour moi est Taj Burrow. Le style compte toujours car il rend la manoeuvre plus belle, donc tu es encore mieux noté. Maintenant, c'est clair que j'ai déjà vu des mecs avec des styles de chien prendre des 8 et des 9 sur 10...
|
| |
A : Comment penses-tu que la compétition puisse évoluer ? Certains parlent d'accélérer le déroulement des heats dans les premiers tours pour pourvoir lancer les finales dans le peak du swell, histoire de rendre la finale plus dramatique (et donc plus médiatique). Sur la plupart des endroits de la planète, les belles fenêtres de swell ne durent que 3 jours... M : C'est vrai mais je ne pense pas qu'ils puissent éliminer le tour de repêchage dans le WCT car les mecs ont beaucoup de mérite d'être dans ce tour, et faire une série et repartir le lendemain parce que tu as perdu a cause d'une interférence... ce n'est pas très fairplay. Il faut deux chances surtout quand tu te tapes un voyage de 40 heures pour aller à Fidji... Pour l'évolution du jugement, je vois toujours les mêmes critères depuis cinq ans. C'est toujours la meilleure vague et les plus grosses manoeuvres qui scorent, et je ne pense pas que cela puisse changer (NDLR : même s'il reste toujours aussi peu de place à la prise de risque dans les manœuvres aériennes. Lors du Quik Pro, en dehors de l'Expression Session, on a pu les compter sur les doigts d'une main...).
|
| |
A : Penses-tu que les différents circuits sont suffisamment pro (et qu'il y a suffisamment de place) pour envisager une carrière de surfeur pro comme celle d'un sportif de haut niveau, ou bien penses-tu qu'il faut toujours garder une porte de sortie ? M : Il faut toujours garder un bagage ou une porte de sortie. Mais dans le milieu du surf en France ou en Europe, si tu veux faire parti de l'élite, il faut aller dans les pays étrangers très jeune pour se frotter aux meilleurs et progresser vite. En France, il est très difficile de lier les deux ! La scolarité demande du plein temps aussi si tu veux avoir un bon diplôme...
|
| |
A : Que représenterait pour toi d'être le premier français à rejoindre l'élite mondiale du surf ? M : Etre le premier ou le cinquième ne change rien. C'est un challenge personnel et cela ne me motive pas plus d'être le premier français à réussir cela. C'est mon objectif principal depuis longtemps. En revanche, être le premier en passe d'y arriver est difficile parce que je n'ai pas d'exemple à suivre, pas de référence. Si j'y parviens, je sais que ce sera profitable pour les surfeurs français de la nouvelle génération : Jérémy Florès, Joan Duru, Vincent Duvignac...
A : Est-ce une fin en soi de participer au WCT ? M : Non... Je veux accéder au top 46 pour y faire quelque chose... Mon ambition va au delà de la simple qualification. J'aime beaucoup les vagues du tour et je crois avoir le potentiel pour y réussir un bon parcours.
|
| |
A : Ton approche du surf : métier, passion ou les deux à la fois ? Est-ce que la passion peut rester intacte quand on surfe tous les jours ? M : Le surf pour moi est une énorme passion, mais c'est aussi mon métier car j'ai des obligations, des compétitions, des sessions photos... Je pense que la passion peut rester intacte car nous évoluons dans un milieu très changeant. Il y a donc toujours quelque chose de différent à chaque session et à chaque vague. On a tout le temps des sensations différentes!
|
| |
A : Bien que tu ais déjà l'occasion de pas mal tripper via les compétitions et le Crossing, rêves-tu encore de certaines vagues ? M : Fidji et G-land reste encore un rêve pour moi ! Les autres, je les ai déjà toutes surfé... Mais étant goofy, G-land me fait trop envie !
A : Allez à Fidji en compétition et en freesurf, ça n'est pas pareil... Qu'est ce que tu préfères ? M : Je ne sais pas... Je pense qu'une compet, c'est pas mal si tu fais une série à deux à l'eau pendant 30 minutes ! Mais un free surf avec 4 potes à l'eau reste le must.
|
| |
A : Un dernier mot ? M : Merci à Quik qui s'occupe de mieux en mieux de moi, et à mes parents, ma copine, mes amis, et à Pierre-Agnes pour le soutien moral qu'ils m'ont apporté durant toute cette année...
Texte : Vince Photos : Testemale / Zuma Prod / Quiksilver Videos : Zuma Prod / Quiksilver
|
| |
|
 |
VIDEOS Miky's life : Vous aimeriez bien être dans la peau de Miky Picon pour un moment ? Et voilà ! Entraînement, girls, potes et vagues parfaites. Le cliché sur le lifestyle du surfeur va encore en prendre un coup.
VIDEOS Miky in Indonesia : Miky Picon comme tout bon surfeur pro se cale quelques trips dans la saison. Ici, les Mentawaii. Le boat trip ultime en compagnie des meilleurs Français. Eau chaude et barrels à volonté.
|

|
 |
 |
|

|
| |
| Ajouter agoride.com à votre accueil personnalisé : |
| |
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|