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| 19/07/2001
Michel Larronde
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Qui d’autre mieux que Michel Larronde incarne le mieux le mélange des cultures Basques et Hawaiiennes ? |
Michel est un habitué du Biarritz Surf Festival. Normal ! Ce Biarrot installé à Hawaii depuis 15 ans est devenu l’ambassadeur du surf français à Hawaii. Que ce soit dans les vagues gigantissimes de Jaws en surf tracté ou dans les reefs plus techniques d’Hookipa, Michel assure quelle que soit la planche. C’est à Maui et non à Biarritz qu’Agoride l’a rencontré après une petite session de surf à 2 entre l’interviewer et l’interviewé.
Ago : On parle beaucoup de toi, mais on ne te connaît pas vraiment, qui es-tu ?
Michel : " J’ai commencé le Surf à Biarritz ca fait 30 ans, j’ai 40 ans maintenant. Depuis je n’ai jamais arrêté. J’ai beaucoup voyagé et mon plus beau flash reste sans aucun doute mon 1er voyage, lorsque sélectionné pour les championnats de France je suis allé à Tahiti. Depuis ça reste ma destination préférée. J’ai passé un CAP-BEP de cuisinier, bossé sur Biarritz et de fil en aiguille, on m’a proposé un poste en Californie. Alors j’en ai profité pour passer du temps au Mexicain Pipeline ’ (Puerto Escondido), et au Guatemala, à cette époque j’avais 20/22 ans. De là j’ai eu une opportunité pour un job à Maui (Hawaii) en 85 et depuis je m’y suis installé.
J’ai bossé à droite à gauche, monté ’ La vie en Rose ’ (rendez-vous gastronomique incontournable de tous les français à l’époque du big Wednesday et dont on parle encore NDLR). J’ai toujours dû bosser pour pouvoir surfer, les budgets ont été rares et en réalité je n’ai jamais été pro. En 95 JAWS est arrivée.
Ago : Tu as eu quelques titres sur Hawaii ?
Michel : J’ai gagné quelque compètes et une année j’aurais pu même faire partie de l’équipe de longboard d’Hawaii pour les championnats du monde mais j’ai raté une étape parce que j’étais en France. Depuis 2 ans, je suis toujours dans les 3 premiers des épreuves locales de Longboard, notamment la dernière que j’ai faite : la ’ Oli Longboard Classic ’ où j’ai fini 3ème derrière Dave Kalama. Cependant la compétition n’a toujours été pour moi qu’un petit challenge en plus du surf libre. Des bonnes et des mauvaises expériences comme lorsqu’il y a des problèmes avec les juges, mais c’est sympa ça fait des bons souvenirs et ça permet de connaître un peu tout le monde.
Ago : Comment se passe ta relation avec les locaux Hawaiiens car tu es quand même Français ?
Ça fait 15 ans que j’habite ici donc tous les surfers qui ont 30 ans maintenant, me connaissent depuis l’âge de 15ans. Ils me voient comme un local. Quand je dis à des surfeurs locaux que je suis français, ils me répondent : ’Mais non t’es local toi, t’es d’ici ’.Je n’ai jamais eu de problème à Pavillion (spot local inaccessible aux ’Haole’), ils me respectent. Evidemment il y a toujours des locaus avec des " attitudes " mais pour ceux-là tu ne peux rien faire. C’est par pour autant que je me sens Hawaiien. On peut dire que je suis bien accepté. Mais je garde mes coutumes françaises. À Maui, on a un bon style de vie, on est un peu en dehors du système traditionnel. Quand je m’en vais plus d’un mois ça commence à me manquer. Ici, on pratique tous les sports : windsurf, montagne, chasse sous-marine, jet ski…On a vraiment une vie complète variée et agréable.
Ago : si on parlait un peu de la compète de Tow-in qui c’est déroulé à Jaws le 26 décembre dernier, tu étais partenaire avec Arsène Aréhoe, vous étiez vous déjà entraîné ensemble ?
Michel : " Non, on ne s’est jamais entraîné ensemble. Arsène je le connais depuis 1975, c’est un des mecs qui a passé le plus de temps dans le tube (classé 4ème par un tableau de stats de Surfer Mag, ndlr), qui gagnait tout en France pendant un moment et qui lors d’une compéte à Sunset a fait les plus longs tubes de l’épreuve. Il est super calme et n’as pas d’attitude. C’est un super pote et un des mecs que je respecte le plus dans le surf. Au moment où on m’a proposé de participer à cette épeuve, mon partenaire de l’époque, Vincent Lartizien, ne pouvait pas venir alors j’ai proposé à Arsène, il a accepté et l’on a eu le timing car il n’avait pas beaucoup de temps pour venir. On n’a même pas discuté de stratégie.
Ago : Comment fait-on pour choisir le meilleur dans cette compète et comment ça se passe vu de l’intérieur ?
Dans cette compète, il y avait une histoire de priorité avec une bouée à l’intérieur. Tu prenais une vague et le 1er qui passait la bouée avait la priorité. Il fallait soit prendre la 1ère vague pour garder la priorité pour la série suivante ou attendre la 2nd ou la 3ème vagues de la série qui peuvent être meilleures, mais tu perds la priorité pour le set suivant. Au début du Heat, dès que la trompe sonne tu peux aussi te jeter sur la bouée et prendre la priorité pour le 1er set. Ce qui est dur c’est de garder la priorité tout en prenant les bonnes vagues.
Ago : Est-ce que tu penses que le Tow-in peut devenir un sport à part entière et pas seulement un moyen de rider des vagues imprenables à la rame (Jaws) ?
Sur certaines vagues prenables à la rame selon la taille, cela te permet de te faire des rides encore plus longs et d’exploiter la vague d’une façon différente. Partir plus à l’inside et être sur la vague avant même qu’elle commence à déferler ! Je pense aussi que tu pourras faire du " Hot-Dog " ou du " cross-over " c’est-à-dire arriver super lancé sur la vague grâce à la vitesse du jet-ski et les straps qui te permettent de contrôler la planche pour faire des aérials et des rotations hallucinante ! ! Ça va être de la voltige. Quand tu vois le niveau de Rush Randle, ça peut faire du spectacle !
A Jaws, Il faut pouvoir assumer les pires circonstances, ce n’est pas que le fait d’être sur la vague et de la rider, c’est le fait d’en prendre sur la gueule. Ceux qui ont surfé le gros à la rame, qui se sont jeté, qui ont bouffé dans les barrels ont l’expérience et font la différence. Car arrivé à un certain point, quelle que soit la forme physique si tu prends la lèvre sur la gueule tu peux te faire démonter voir y rester ! ! Si tu te retrouves sous la lèvre à l’impact ………Tu le vois vite à Jaws, ceux qui surf le mieux ce ne sont pas les plus jeunes ! !
Yep / Rudy Castorina
Tofs : Marc Fénies
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