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14/05/2007Mélanie Fosse
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 14/05/2007 Mélanie Fosse

Cinq fois championne de France de longboard à 25 ans, prof de surf, la belle Mélanie FOSSE est une figure incontournable du surf réunionnais et français.
 
Si elle a mis un frein (provisoire) à sa carrière de compétitrice, c'est qu'elle nous prépare une petite révolution pour le surf réunionnais féminin : l'ouverture de la première école de surf pour filles de tous âges, horizons et niveaux.
Entrevue du soir sous la varangue de la maison familiale de l'Etang Salé avec une championne futée, sympa et pas conventionnelle.

Snap et regard ravageurs
 
Boardladies : Salut Mélanie, raconte-nous un peu ton parcours
Jolie Mélanie sur un tronc…d’arbre ! Mélanie : Je suis née le 13 avril 1982 à Saint Pierre (de la Réunion ndlr), j'ai débuté le surf à l'Etang Salé, au « simulateur » (micro-reforme à marmailles cf article spots) à l'âge de 12 ans.

Tout de suite, comme on était quelques copines bien motivées, on s'est lancées ensemble dans les compètes locales mais pour le fun avant tout ! On n'était pas bien nombreuses sur les contests mais l'ambiance était excellente, d'autant que dans un premier temps, nous étions suivies, coachées.

Malheureusement cela n'a pas duré longtemps. Un grand merci à Alexis GAZZO pour son encadrement et ses précieux conseils.
 
B-L : Ton palmarès est très éloquent, t'en est où avec la compétition ?
Mélanie à la jetée de Saint Pierre Mélanie : Après mon dernier titre de championne de France en 2005, j'ai fait un break. J'étais lasse de devoir lutter pour trouver des financements notamment pour me rendre en métropole et en Europe. Rien n'a été fait ici pour le surf féminin, malgré le niveau, la motivation et les résultats des ondines locales. Le bon côté de cette situation, c'est qu'il reste tout à faire et je compte bien apporter ma contribution avec mon école.

Ceci dit je tiens à dire que je vais reprendre les compètes, en longboard et également en shortboard mais dans une optique ludique avant tout !


 
B-L : Dans la catégorie récurrente « mais-pourquoi-donc-le-surf-féminin-a-t-il été délaissé-de-la sorte-à-la-Réunion ?», comment expliques-tu cet état de fait ?
Mélanie : En deux mots : « machisme » et « élitisme » ! « Machisme » car on ne donne même pas la possibilité aux filles de s'essayer au surf considérant que c'est un sport « d'hommes » et que les filles n'ont rien à faire dans un élément hostile comme l'Océan !

« Elitisme » car le surf ne se concevrait dans l'esprit de certains que dans un cadre compétitif, faisant abstraction de sa dimension ludique, esthétique, pour n'y intégrer que la performance pure d'une infime minorité...masculine.
 
B-L : D'où cette idée de monter une école de surf féminine ?
Mélanie : Tout-à-fait ! D'ailleurs le nom de l'école –« PARITY SURF »- est évocateur n'est-ce pas (rires) ?
En fait, j'ai eu au départ l'idée de créer cette école en métropole. Puis l'hiver venu, je me suis dit que ce serait pas mal à la Réunion, ma vie est ici et il y a un potentiel énorme : un super niveau, des belles vagues, de l'eau chaude.

Pas de chats pour noseriding d’azur
 
B-L : Rassure-moi t'es pas au MLF (Mouvement de Libération de la Femme ndlr) quand même ?
Mélanie : Meuh non, d'ailleurs si mon école s'adressera avant tout aux filles et femmes de tous âges, les garçons y seront tout de même les bienvenus, à commencer par les fistons de ces dames, les papas et les autres. Je crois même que la formule « école de surf féminine » est susceptible d'attirer pas mal de mecs (rires) !!!
 
B-L : Quelle est la plus grosse galère quand on lance un projet comme le tien ?
Mélanie : Je dirais que les tracasseries administratives c'est pas mon truc du tout. Mais j'ai survécu.
 
B-L : A propos de l'apprentissage du surf, as-tu décelé des difficultés ou contraintes particulières avec la gente féminine ?
Surf de haut niveau et féminité ne sont pas incompatibles ! Mélanie : Il existe certains paramètres à prendre en compte avec les femmes qui sont plus liées à la condition féminine en général, au regard des autres, qu'à leur capacité à surfer au sens technique du terme. Je pense surtout à la question de l'acceptation de leurs corps par les femmes. Par exemple, à l'adolescence certaines jeunes filles peuvent éprouver une gêne à se mettre en maillot ou même en combinaison.

Une autre difficulté pour les filles, quand elles sont en minorité dans un cours de surf ou un entraînement, vient des critères de performance masculine et de la « moukate » (les moqueries ndlr) des mecs. D'où la nécessité d'entraînements entre filles, créant une émulation libérée de ces standards masculins.

 
B-L : Mais du fait des différences de morphologie entre hommes et femmes, ne vois-tu pas parfois, à un certain niveau de pratique, des obstacles à la réalisation de figures particulièrement exigeantes physiquement ou explosives ?
Mélanie : Il est clair que nous n'avons pas la même puissance physique que les mecs. Par contre, d'un point de vue technique, il n'existe aucun obstacle intrinsèquement lié à la morphologie des femmes !

Il n'y a qu'à constater les énormes progrès en termes de radicalité faits par les filles ces dernières années sur le tour ASP : les girls font des airs, des gros carves etc...
 
B-L : Puisqu'on parle de style de surf, parle-nous de « l'acro-surf », c'est quoi ça ?
Mélanie : L'acro-surf, c'est un style novateur de longboard que j'ai imaginé dans le cadre de mes études de STAPS. Il s'agit d'intégrer des figures « acrobatiques », de gym, dans le répertoire classique du longboard.

Par exemple, tu t'avances en Hang five sur ta planche et tu fais une souplesse arrière pour te replacer au niveau du grip de la planche ! ! ! (Mélanie me montre une photo d'elle en train de réaliser la figure, c'est surprenant !ndlr). De cette façon on peut placer sur sa planche des souplesses, des roues, des équilibres... C'est très fun à faire et, pour le coup, les filles ont plus de facilités à faire ces figures que les hommes !
 
B-L : C'est super esthétique mais c'est pas un peu « oldschool »tout de même ?
Upside down : Mél en acro surf Mélanie : Pas du tout. C'est du « new-oldschool » (rires) ! Et puis y'en a marre de l'uniformisation des styles. Tout le monde fait la même chose sur sa planche aujourd'hui.
 
B-L : Elle ouvre quand ton école ?
Mélanie : Très prochainement, une fois quelques formalités administratives définitivement achevées !
 
B-L : Comment conçois-tu le rôle d'une prof de surf, d'une coach ?
Mélanie : Premièrement sous le signe du plaisir : le surf n'est pas réservé à une élite et doit s'ouvrir à des gens différents.

Ensuite, concernant l'entraînement des surfeuses de bon niveau, outre la technique, je leur apprendrai à respecter tous les pratiquants, quels que soient leurs compétences sur la vague. C'est tellement dur de commencer aujourd'hui, il y a beaucoup trop d'intolérance vis-à-vis des débutants !
J'aimerais qu'il y ait plus de filles à l'eau : elles se prennent souvent moins la tête que les mecs et leur présence adoucit les line-up !!!
 
Mélanie en bref :
« A bientôt pour de nouvelles aventures »…Mélanie - Née à Saint Pierre le 13 avril 1982
- Surfe depuis : ses 12 ans
- Cinq titres de championne de France de longboard
- 3ème aux championnats d'Europe de longboard ondine en 2006
- Etudes : Licence STAPS et niveau maîtrise en marketing et management du sport
- Titulaire du Brevet d'état de surf et du BNSSA

- Quand Mélanie ne surfe pas, elle : sort avec ses amigos, teste tous les sports extrêmes possibles et imaginables, pratique le beach tennis, tente vainement de battre sa mère au squash et fais des tournois en tous genres avec sa sœur et son frère dans la piscine familiale !

- Ce qu'elle aime par-dessus tout : le travail, avancer dans la vie !

- Ce qu'elle aime moins : faire le cobaye pour les entraînements d'arts martiaux de son frère (étranglements et clés diversement appréciés).

- Mélanie tient à remercier spécialement : Jee Vice (eyewear) qui la soutient depuis plus de deux ans maintenant, HIC qui devrait suivre prochainement sa carrière sportive et pourquoi pas son école, ainsi que toute sa famille et ses dalons (potes en créole) !
 
Interview : R. Daron
Photos : J. Blickmann
 




Les 3 derniers commentaires
maëva le 15/05/2008
à 19h00
J'aimerais vraiment essayer le surf ! Depuis un bon moment ça m'attire d'autant plus que j'ai des amies qui sont aussi intéréssées donc ce serait l'occasion de commencer ensemble. Le problème c'est que mes parents ne le voient pas tout à fait de cet oeil. Ma mère trouve ça vraiment trop dangereux. Comment les convaincre ?
GRONDIN le 20/07/2007
à 10h30
Félicitations à cette jeune fille ! on lui souhaite de réussir : beaucoup de courage, de persévérance, de réussite dans le sport !
VERITE le 20/07/2007
à 10h25
impossible d'afficher l'article !


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