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24/01/2003Cory Lopez
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 24/01/2003 Cory Lopez

En 2001, ce goofy-footer a gagné son premier titre à Teahupoo et a terminé troisième de l'ASP World Tour. Interview intimiste ou Cory nous parle du tour, de son frère et de sa passion pour les grosses...
 
Infos Express
Date de naissance : 21 Mars 1977 en Floride
Résidence actuelle : Indian Rocks Beach, FL, USA
Années de classement : 9
Plus haut classement : 1st WCT
Plus belle victoire : Billabong Tahiti Pro 2001
Taille : 1m78
Poids : 70 kilos
Stance : Goofy
Education : High School
Sponsors : O'Neill, Anarchy, ProLite, DVS
Statut : Célibataire
Préférences de surf : Barrels glassy
Spots favoris : Tous les bons
Surfeurs favoris : Kelly Slater, Mark Occhilupo
Signe distinctif : Aerials futuristes
Entraînement : Toujours du surf
Autres intérêts : La pêche et le foot
 
Intro
Cory, jamais stressé Originaire de Indian Rocks en Floride, Cory a passé son année 2002 à courir après un titre de champion du monde sur la totalité du circuit WCT. En effet, après une saison 2001 exceptionnelle pour un rider si jeune (victoire à Teahupoo, 3ème au classement annuel), il se devait de confirmer, mais ça n'a pas été le cas. Il s'est classé 12ème, juste derrière son frère Shea qui signe lui son meilleur classement. La faute à une vilaine blessure, et peut être à une progression trop rapide en 2001 qui lui aura valu une pression trop grande. Néanmoins, Cory a pu prouver cette année que son surf avait gagné en maturité, et dans tous les domaines. Après les airs qu'il maîtrise mieux que personne, il a encore beaucoup progressé dans la radicalité et le style de son carving, et dans l'exploitation de conditions variées. Aujourd'hui, le Floridien représente le surf du futur, et peut remporter n'importe quel contest, des beach-breaks les plus tourmentés aux cavernes tahitiennes.

Malgré cet emploi du temps chargé en 2002, il a tout de même pu participer à quelques WQS prestigieux et à un paquet de bonnes vidéos de surf, dont la super-production de l'année dirigée par Bill Balard : " Because ". Et comme si ça ne lui suffisait pas, il passe encore beaucoup de temps à surfer avec son frère et ses potes entre San Clemente en Californie et Indian Rocks en Floride, selon les conditions. C'est cela le luxe d'être un surfeur pro. Les bonnes sessions s'attrapent à coups d'avion. Et c'est aussi la preuve que la Floride possède de bonnes vagues et qu'elle est un véritable réservoir à champions.
 
Une photo parue dans une multitude de mags... Avec les frères Hobgood, Padaratz et Irons participant tous à la compétition, la rivalité entre frères est un sujet de choix pour les médias. Cela t'emmerde-t-il d'être souvent comparé à ton frère ou qu'on te pose toujours des questions à son propos ?
C'est comme ça. Nous participons tous les deux au tour et on nous pose donc des questions l'un sur l'autre tout le temps. C'est bien, je suis 100 % derrière mon frère et je suis sûr qu'il ressent la même chose pour moi.

Comment cela se passe-t-il lorsque tu te retrouves contre ton frère Shea sur le WCT ?
C'est vraiment super d'avoir quelqu'un sur qui compter. Même pour les petits détails tels que si j'oublie mon cordon ou mon maillot, je peux emprunter les siens ou je peux lui demander d'aller chercher ce qu'il me manque. Je sais qu'il est toujours là pour m'aider et me sortir de situations embêtantes et vice versa, je peux faire pareil pour lui. Ça marche vraiment bien.

Comment les choses se passent-elles lorsque tu te retrouves au coeur de la compétition contre Shea ?
C'est la pire des choses parce que je sais ce que doit penser mon père à la maison - il déteste nous voir rivaliser sur l'eau. Il sait que l'un de nous doit perdre et il espère toujours qu'on ne sera pas en compétition en demi-finale. L'idéal c'est de se retrouver ensemble en finale, comme ça on peut finir premier et second. (Rires).
 
Un carving de plus en plus radical ! Vous êtes-vous déjà retrouvés en finale tous les deux ?
Nous avons surfé ensemble la finale du WQS 2001 (Série de qualification mondiale) à Durban, mais malheureusement aucun de nous deux a gagné. (C'était une finale entre quatre concurrents à l'inverse d'une finale entre deux concurrents comme sur le WCT.) C'était cool quand même, nous avons surfé presque toutes les manches ensemble et nous sommes passés de manche en manche à la première et seconde place.

Il semble que tu es très proche de ta famille.
Nous sommes tous très proche. J'habite près de chez mon père et donc je le vois presque tous les jours. Pour moi le surf est le meilleur job dont j'aurais pu rêver, mais être sur la route 220 jours par an fini par user et on apprécie encore plus d'être chez soi. Lorsque j'ai la chance de passer plus de temps chez moi, c'est vraiment bien de pouvoir se reposer et de ne rien faire. C'est un style de vie plus normal que celui d'être constamment sur la route.

Tu habites en Floride. Tu y as juste une maison, ou c'est vraiment chez toi ?
La Floride, c'est sans aucun doute chez moi. Je ne pourrai pas vivre ailleurs car c'est là que se trouvent mes amis et ma famille. Je m'y sens vraiment bien et c'est le meilleur coin de pêche au monde. C'est sensas.
J'ai vécu en Californie pendant un certain temps mais j'en ai eu marre de porter une combinaison tous les jours. En Floride on peut se passer de la combinaison pendant six ou sept mois de l'année. L'hiver est quand même froid là bas, mais il ne dure pas longtemps.
 
Sa spécialité : de gros airs dans ta face ! As-tu le temps de faire l'expérience des cultures locales lorsque tu es en compétition à l'étranger ?
Même s'il n'y a pas assez de temps pour explorer correctement un coin, il est possible de connaître des choses nouvelles puisqu'on est dans un pays différent. La nourriture en Indonésie ou à Fiji n'est pas la même qu'aux U.S.A. ; on est donc amené à essayer ce qu'ils ont et c'est généralement très bon. On rencontre également beaucoup de monde différent. La plupart des gens ne parlent pas l'anglais alors j'essaye juste de les suivre. On ne se comprend pas vraiment avec les mots mais on trouve d'autres manières pour communiquer.

Le surf pour toi, ca représente quoi ?
Tout le monde surf pour pouvoir sortir sur l'océan par une bonne journée et s'amuser avec ses amis. C'est ça le surf. Lorsque je fais du freesurfing, je surf jusqu'à ce que mes muscles n'en puissent plus. Nous, les surfeurs, avons la chance de pouvoir profiter du lever et du coucher du soleil. Ça m'apporte aussi beaucoup de foi. Je crois au Karma, donc je ne jette jamais rien dans l'océan de peur qu'une grosse vague vienne s'écraser sur ma tête pour me rendre la pareille.

Mis à part le freesurfing, jusqu'où va ton esprit de compétition ?
Le fait même que je participe à des compétitions fait de moi quelqu'un avec un esprit de compétiteur. Mais même lorsque je fais du freesurfing, j'ai toujours un peu cet esprit là. Lorsque je suis dans l'eau avec Andy (Irons), Kalani (Robb) ou mon frère et qu'ils font un truc extrême, alors je veux en faire autant pour ne pas perdre la face ! (Cory rigole comme s'il se rappelait avoir complètement assuré à la session de freesurf).
 
Le style Lopez qu'il partage avec Shea Il y a souvent beaucoup de pression sur un compétiteur, surtout dans une compétition par élimination directe. Comment fais-tu face à cela ?
Le surf est aussi un sport psychologique, alors il faut savoir où on en est et ce dont on est capable. Si je me trouve sur des grosses vagues, il faut que je sache ce que je vais faire et je dois me préparer. Tous les surfeurs qui participent au tour sont bons et n'importe lequel d'entre nous peut l'emporter sur les autres lors d'une compétition. Ça dépend beaucoup des vagues de la manche en question. C'est un peut la même chose que le jeu ou de faire rouler les dés. Mais une vague ne dure que 4 à 5 secondes alors il faut suivre son instinct, reconnaître que c'est sa vague, la prendre et puis y aller.

Tu es pro depuis l'âge de 17 ans. Cela devient-il plus facile d'accepter la pression avec l'âge ?
On s'y habitue et c'est plus facile de se relaxer. Lorsque je me lance dans une manche, je sais que c'est juste du surf et que si de bonnes vagues doivent venir alors elles viennent. Il est impossible de forcer les vagues à venir. C'est juste moi et l'océan. Si l'océan génère de bonnes vagues et que je ne fais pas d'erreur alors je gagne. Si l'océan génère de bonnes vagues et que je tombe, alors c'est de ma faute. C'est là que je m'en veux vraiment.

Comment te prépares-tu pour une manche ? Est-ce plus une histoire de motivation ou de relaxation ?
Je suis généralement calme avant une manche. J'y pense mais j'essaye de me décontracter, de me relaxer et j'y vais comme si de rien n'était. Une fois que je suis dans l'eau je ne pense qu'à surfer comme je fais d'habitude. Si je prends une bonne vague et que ça marche bien alors c'est génial et j'oublie que je suis en compétition.
 
Quelles que soient les conditions, Cory déchire Que ressent-on dans ces moments là ?
J'essaye de me concentrer sur les vagues mais en même temps je suis toujours préoccupé par ce que fait mon rival et la dernière vague qu'il vient de prendre. Le meilleur truc c'est de ne pas se concentrer sur son rival, mais c'est difficile. L'autre jour, j'avais Shane Dorian et Mick Fanning dans ma manche. Bien que j'aie pris quelques bonnes vagues au début, j'étais quand même assez stressé car je sais qu'ils sont bons et que l'un comme l'autre aurait pu revenir à la charge avec un 8 ou un 9 à n'importe quel moment. Mais je suis toujours un peu anxieux, surtout quand je surfe contre des gars qui sont vraiment bons. Et tous les participants du tour sont de bons surfeurs.

Avec qui passes-tu le plus de temps sur le tour ?
Kalani (Robb), Andy (Irons), mon frère, Shane Beschen, Shawn Sutton. On est tous copains les uns avec les autres, je ne pense que personne n'a d'ennemis sur le tour. On s'entend tous bien.

Même avant ta victoire à Tahiti, ton nom était souvent associé à Teahupoo. Comment expliques-tu ton feeling avec cette vague ?
C'est sûrement parce que je me tiens à l'avant et je suis un goofy footer alors je fais face à la vague. Lors de mes manches là bas, je suis lancé dans l'instant et j'ai une poussée d'adrénaline. J'oublie ce qu'il se passe autour de moi, je m'envole sur une de ces vagues et je me donne à fond. C'est marrant et je passe un bon moment sur cette vague car c'est une sacrée descente. J'ai surfé des vagues extrêmes toute ma vie. Mais petit en Floride, j'allais sur les vagues les plus lourdes possibles et je surfais dans les rouleaux les plus extrêmes. Je me suis entraîné toute ma vie pour faire face à des vagues comme celles de Teahupoo dans différents endroits de Floride.
 
Teahupoo, son domaine C'était comment de gagner là bas ?
C'était incroyable, j'étais comme dans un rêve. Cela faisait cinq ans que j'attendais une victoire au WCT et finalement j'ai réussi. J'étais vraiment heureux, surtout de gagner à Teahupoo - c'est l'endroit qui a le plus de prestige, au même niveau que le Pipeline !

Comment repouses-tu tes propres limites ?
J'essaye toujours de nouveaux trucs et je me retrouve dans pas mal de gros " close-outs " lorsque je surfe. Lorsque la vague se referme, je me lance quand même. Evidemment on peut se blesser en faisant ça mais c'est marrant. J'essaye de m'en sortir car si j'y arrive il n'y a pas de risques de se faire mal. Mais si on se rate, on se retrouve sous l'eau.


Tu surfes depuis que tu as deux ans alors qu'à cet age on sait à peine marcher ! Comment est-ce arrivé ?
Mon père est un surfeur alors il m'a appris à surfer. Le Golf du Mexique est l'endroit idéal pour un gosse, parce que l'eau est chaude et les vagues sont à la hauteur des genoux. A 10 ans on commence à penser, " Bon sang, c'est nul " et c'est à ce moment qu'on commence à voyager. (Rires à nouveau) !
 
Petite vague, gros aérial ! Te rappeles-tu quand tu as pensé à devenir pro ?
Je me rappelle quand mon frère est passé pro et j'ai pensé " Ouah ! Shea est un pro ", mais à ce moment là je n'y pensais pas encore vraiment. J'avais presque gagné toutes les compétitions amateurs de Floride puis j'ai cessé d'y aller parce que je voulais faire la fête avec mes copains. Lorsque j'avais 17 ans, mes sponsors m'ont demandé de participer au PSA (le tour de surf pro en Californie). J'ai eu de la chance et après ça on m'a envoyé autour du monde pour le WQS. Alors au début, je voulais surfer évidemment, mais c'était surtout les autres personnes autour de moi qui me poussaient à la compétition. C'est elles qui me disaient " fais ci ou fais ça ", et je répondais, " ok, je vais le faire ".

Combien de temps comptes-tu rester pro ?
Le plus longtemps possible. Aussi longtemps que je reste dans le top 44, je suis content. C'est un super job, je ne l'échangerais pour rien au monde et j'espère pouvoir continuer le plus longtemps possible.

Peux-tu imaginer ta vie sans le surf ?
Non, sûrement pas. Je ne sais pas ce que je ferais. Je pense que je ferais un autre sport ou que je serais maçon ou pêcheur.
J'aime l'océan. J'adore être sur un bateau au large, là où on ne peut plus voir la rive, c'est sensas. C'est marrant de pêcher et si on attrape un super gros poisson c'est une vraie bataille et il faut du savoir-faire.

Comment serait ta vie sans l'océan ?
Sèche...

Photos : Thomas HOEFFGEN (Lifestyle) & Bill MORRIS (Action)
 


VIDEOS
Cory Lopez :

Voici l'histoire de Cory Lopez le Floridien, surfeur depuis l'âge de 2 ans, et 3ème au WCT en 2001. Des mots, des aérials et de gros barrels. Check it out!



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