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| 08/03/2001
Claire Karabatsos
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Pendant le Billabong Pro, Claire, locale de la Grande Plage, ne fait rien moins que de battre la triple championne du monde en titre, Layne Beachley. Explications… |
A la question " A quand un Français dans un WCT ? ", n’aurait-on pas intérêt à se tourner plutôt vers nos ondines dont les résultats deviennent de plus en plus probants. On connaissait Emmanuelle Joly pour avoir atteint la 15ème place mondiale en 1996, Caroline Sarran et sa 8ème place aux Championnats du monde ISA cette année au Brésil, Marie-Pierre Abgral qui atteint les demi-finales à Lacanau mais voilà-t-il pas qu’une 4ème pointe son nez dans le cartel français en ne faisant rien de moins que battre la Championne du monde en titre sur le Billabong Pro d’Anglet. Malgré toute la réserve dont elle fait preuve, Claire s’est suffisamment lâchée dans ses manoeuvres pour accumuler plus de points au finish que l’experte Australienne.
Alors Claire, cette
victoire contre Layne Beachley, raconte-nous "l’exploit" depuis le début ...
Je ne me suis pas trop rendue compte de ce qui se passait. J’étais terriblement tendue. Billabong m’avait appelé une semaine avant la compet’ pour m’offrir la Wildcard de Amee Donohue, qui se désistait à cause d’un décès dans sa famille. Je ne voulais pas les décevoir, surtout face à Layne Beachley. Les conditions étaient pourries, des vagues ventées assez courtes mais puissantes, avec beaucoup de closeouts et peu d’épaule, un grand classique de la Grande Plage à vrai dire. J’ai essayé d’attendre les bonnes, sans trop m’énerver alors que je voyais Layne ramer dans tous les sens et prendre plein de vagues. J’ai essayé de me caler sur les gauches où je me sens un plus à l’aise. Ca n’est que quand je suis sortie que Layne m’a annoncé qu’elle pensait que j’avais gagné. Ca me paraissait incroyable. C’est dans les vestiaires que j’ai appris qu’elle était grippée.
Alors, depuis, comment vis-tu ce rêve ?
C’est irréel. Battre la championne du monde est forcément une chance phénoménale, j’ai un peu l’impression d’avoir gagné à la loterie. Je reste consciente des aléas qui m’ont permis de gagner et maintenant je savoure, même si c’est parfois gênant de devenir la proie de tous les regards. C’est incroyable ce que ça peut déclencher comme réactions : ma famille est aux anges, les média s’intéressent à moi et on me félicite sans cesse, même de la part de gens que je ne connais que de vue... Les gens sont contents pour moi, ils partagent un peu cette victoire en m’en parlant, c’est cool...
A 22 ans, tu n’es
plus toute jeune et pourtant, c’est ta première saison de compet’. Raconte-nous
un peu cette histoire d’amour avec le surf et pourquoi tu as tardé à te lancer
?
J’ai attaqué la compétition sur le tard alors que je me suis mise au surf très tôt. Mon père étant un inconditionnel de la Grande (Biarritz), il m’a envoyé dans les vagues avec un Morey (bodyboard) dès que j’avais 4-5 ans. Ca a duré quelques années avant qu’on se mette tous les deux au surf quand j’avais 11-12 ans. Ca fait donc un bail que je surfe mais c’est toujours resté un divertissement, un loisir pour se sentir bien à côté d’une vie bien remplie. Comme faire des études par exemple. Après le bac, j’ai fait Math Sup, ça a été un peu intense alors je suis repassé dans une filière universitaire pour obtenir mon DEUG et ma maîtrise de biologie voilà 2 ans. J’ai éprouvé le besoin de souffler un peu. Je suis allée à Hossegor cet hiver pour passer mon BE de surf. J’ai rencontré Jérôme Barets et Marie-Pierre Abgral qui m’ont convaincue de me lancer.
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Te voilà donc sur les circuits de compet’. C’est facile pour
une fille ?
Déjà, j’ai eu la chance d’intégrer le team Billabong au printemps. Ce qui permet de mieux m’intégrer dans tous les évènements. J’ai participé à peu près à tout, des compets de club à l’ EPSA en passant par la Coupe de France, les Championnats de France, le Biarritz Surf festival et bien sûr cette épreuve mythique du WCT. Comme je fais du longboard depuis 2 ans quand c’est petit, j’ai fait aussi les épreuves de grande planche. Ca m’a permis de tester tous les formats de séries, de qualifications, je comprends mieux comment tout ça fonctionne maintenant. Je sais que je ne pourrais pas en vivre mais j’ai envie de faire une année encore à fond avant de suivre un DESS ou une école d’Océanographie à Brest.
Des voyages, des projets ?
C’est vrai que je ne suis pas une grande voyageuse mais j’ai envie de partir. La Grande Plage offre un décor de surf fabuleux et c’est super important de surfer dans un beau cadre, aussi important que la qualité des vagues. J’aimerais voir d’autres cadres : des falaises, des dunes, des cocotiers...On essaye de se monter un plan pour aller au Maroc en Octobre/Novembre avec des potes de la Grande. Et puis, j’aimerais bien passer l’hiver en Australie, pour voir du pays et participer à deux WQS.
Au fait, on m’a
raconté que tu as été frappée en plein surf par le plomb d’un pêcheur. C’est une
blague ?
Euh, non. C’est d’autant moins une blague que j’ai failli y passer. J’étais à Hossegor en Mars de l’année dernière avec une dizaine de surfers quand un pêcheur est venu se planter en face du pic avec sa canne de surf-casting. Alors que je surfais une droite, j’ai pris un gros plomb dans la tempe. J’ai eu le temps de remonter sur ma planche, de ramer avant d’arriver au bord dans un bain de sang. Résultat : boîte cranienne perforée avec une hémorragie interne que le médecin a pu stopper à temps sinon c’était la mort à 3 minutes près. Après 15 jours à l’hôpital, j’ai eu de sacrés maux de tête puis j’ai vécu sur un petit nuage en réalisant à quel point la vie est fragile et que c’est maintenant qu’il faut en profiter. Finalement, cette victoire, c’est peut-être la rançon de cet horrible malheur : on est quitte avec le destin maintenant.
Claire
KARABATSOS
Né le
: 5 Février 1978
Locale : Biarritz, Grande Plage
Taille : 1.78 m
Poids : 62 kg
Surfe depuis : 1983, goofy foot
Shaper
: Alexandre de Sonis
Quiver : 6’2", 6’4", 6’10", longboard Barland
Sponsor
: Billabong, Gallaz
Cursus : Maîtrise de Biologie
Dream trip : Gold Coast (Australie)
Rêve réalisé puisqu’ elle s’y trouve en Mars. Le premier Roxy Pro n’a pas été une franche réussite mais il reste d’autres épreuves...
Antony "yep" Colas - Agoride
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