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Huge Wave Riding
Surf 18/12/2002 Huge Wave Riding
C'est l'actualité en Asie qui nous pousse à faire réapparaître cet article. Une seule image de vague a été diffusée jusqu'à maintenant sur les TV, c'est dommage. Pour toute la génération Point Break...

Les images de morts se multiplient sur les networks, et elles servent autant à apitoyer la population qu'à fixer les téléspectateurs avec un évènement fascinant et totalement hors de contrôle humain : le tremblement de terre. Mais en tant que surfeur, ce qu'il y a aussi de fascinant là-dedans, c'est la vague ! Ce phénomène d'ondulation d'une surface liquide qui ne prend forme qu'à son arrivée sur la terre. Alors pour tous les frustrés qui espéraient voir la tempête des 50 ans sur les écrans, voici un retour sur les origines du tow-in, avec la fameuse vague de Jaws, celle qui est utilisée jusque dans les films hollywoodiens (« Le jour d'après » comme exemple récent) quand le cinéma veut montrer de la grosse vague.
Historique et légendes
Da Bull par John Severson Le premier big wave rider de l'histoire du surf est certainement Maui, le Dieu hawaïen arrivé sur l'archipel béni des swells sur un tronc d'arbre, surfant un raz de marée.
Ensuite, vient Greg Noll (Da Bull), dont la photo où il siége fièrement sur la plage de Pipeline par une houle de 15', avec un authentique gun en balsa de l'époque, a fait le tour du monde. C'est le premier surfeur célèbre.
Vient ensuite Eddie Aikau, lifegard émérite qui a donné sa vie pour sauver celle des autres, et qui a donné son nom à la plus prestigieuse et ancienne compétition de big waveriding ; celle de Waïmea Bay.
 
Maverick's sous l'oeil expert de Frank Quirarte Il y eu ensuite bon nombre de légendes (Darrick Doerner, Ken Bradshaw...) qui repoussèrent toujours plus loin les limites de leur art. Une nouvelle scène est également apparue dans les années 70, celle de Maverick's, près de Santa Cruz, berceau du surf californien, et aujourd'hui Mecque du big waveriding. Jeff Clark en est le pionnier.
Taylor Knox s'est lui aussi illustré lors du K2 Challenge, où il a shooté la plus grosse vague du contest à Todos Santos. La plus grosse vague jamais prise à la rame. Une vague de 50 pieds à 30000 $ !
 
Mr Doerner lors du dernier Jaws, par Les Walker Côté français, Michel Larronde (Hawaii), qui a fait parti de la session historique en novembre dernier au large de St Jean-de-Luz, et qui est l'un des pionniers de Jaws, est certainement le big waverider national (en Tow-in), au côté de rameurs émérites comme Christophe Reinhardt, Peyo Lizarazu, Pilou Ducalme, et le petit dernier, Yann Kazandjian, 20 ans.

La plus grosse vague jamais surfée est encore celle de Ken Bradshaw le 28 janvier 1998 à Outer Log Cabins, sur Oahu. Certaines vagues ont été estimé à 85 pieds (de face bien sûr), voir 90, soit près de 30 mètres...
 
Unknown rider à Waimea Bay par Lolopipe Aujourd'hui, le big waveriding est la discipline phare du surf après du grand public. C'est celle qui justifie sa dénomination de sport extrême. Ainsi, un véritable circuit de big waveriding s'est organisé : Waimea (Hawaii), Maverick's (Californie), Dungeons (Afrique du Sud), Todos Santos (Mexique), Jardim do Mar (Madeire), Guethary (France)...

A quand un classement " big waveriding " ?
Probablement jamais, tant cela est contraire à l'esprit du surf de grosse vagues où la compétition est contre les éléments, et non contre les autres. Eddie Aikau, Mark Foe et Jay Morriarity, restent dans nos esprits pour nous rappeler qu'on ne joue pas impunément avec les forces de la nature...
 
Le matos et l'évolution
Le team français par Lolopipe On ne shoote pas des monstres sur un fish de 6'. Que ce soit à la rame ou en tow-in, le big wave riding répond à des critères bien spécifiques.
Pour shooter Avalanche ou Maverick's, ou encore Waïmea Bay, il vous faudra un Gun de 9' voir plus (certains guns approchent les 11'), avec un bon 20'' au garrot en moyenne (50 cm), et plutôt épais (2 ½'', 2 ¾''). Autant dire que la rame est facile et rapide (la condition sine-qua-non pour attraper une bombe), le canard impossible, et qu'une fois le drop effectué, il ne faut pas trop espérer taper des rollers extrêmes. Avec un gros gun, on rame, on drop, et on tire tout droit. Et dans du 20 pieds plus, c'est déjà très bien !
Certains riders arrivent pourtant à repousser les lois de la physique et arrivent à faire tourner de tels engins, mais ils ne sont pas légion ; on pense à Kelly Slater qui a remporté la dernière Eddie Aikau dans un style assez unique.
 
Team de Tow-in par Frank Quirarte La révolution est donc venu du Tow-in qui a résolu de manière radicale le premier problème du big wave riding : aller assez vite pour prendre des vagues dont la vitesse augmente avec la taille (environ 30 Km/h et plus). Plus de problème de rame et de board surdimensionnée, la propulsion est assurée par un jet-ski qui permet même de largement dépasser la vitesse de la vague, et donc de lâcher le rider avec un surcroît de vitesse qui lui permet un placement idéal pendant que la vague prend sa forme de déferlement.
Les boards sont donc courtes et étroites (voire minces et lourdes pour le très gros), ce qui permet une fois lancé de tourner comme sur une " petite ", ce qui change totalement l'approche du big waveriding. De rame/drop/tout droit, ce qui demande déjà une grosse dose de courage, on passe à la possibilité de tout faire : taper la lèvre, taper un aérial, un gros cut-back... Mais la sanction potentielle est bien sûr à la hauteur de l'engagement.
 
Le tube du siècle par Laird Hamilton, Tim Mc Kenna A ce petit jeu, c'est certainement Laird Hamilton qui l'emporte, avec des " drops-in elevator " (la fameuse photo de Laird à Jaws avec la légende " No tracks ", car son drop l'avait amené directement en bas de la vague...), un placement au plus prêt du curl, des barrels profonds (remember le tube du siècle à Teahupoo), voir des aérials !

Si le Tow-in était considéré à ses débuts comme une forme impure du surf (pour ceux qui n'ont pas le courage d'affronter les grosses vagues à la rame), il a aujourd'hui gagné ses lettres de noblesse, repoussant les limites du gros surf à de nouvelles frontières. Des vagues d'océan qui brisent au large des côtes et qui ont fait fantasmer des générations de surfeurs...
 
Le futur : objectif 100 pieds
Aujourd'hui, rider des monstres liquides n'est plus le problème principal pour repousser encore les limites du waveriding. Il s'agit désormais de rechercher les endroits susceptibles d'accueillir les plus grosses houles dans toute leur puissance.
Et l'Océan Pacifique (qui porte bien mal son nom) est l'étendue où les plus larges tempêtes circulent, et donc les plus grosses houles. Reste à trouver l'endroit où toute cette énergie se concentre. Plusieurs options semblent aujourd'hui émerger.
 
Mave, un bon potentiel... Frank Quirarte Il y a bien sûr les outer-reefs d'Hawaii avec des possibilités sur chaque île : Big Island, Kauai, Maui et Oahu, même si cette dernière semble avoir le plus de potentiel pour la houle du siècle. Comme ces îles sont loin des tempêtes qui génèrent ces houles, ces dernières arrivent très propres, mais malgré la forme exceptionnelle du plateau continental hawaiien (quasi-inexistant), elles perdent en énergie après un si long voyage.
Les recherches se tournent donc vers le nord du pacifique, au plus près des plus grosses dépressions de la planète. Pour trouver LE spot, tous les moyens sont bons. Statistiques météo, relevés des fonds marins, hauteur du niveau de la mer (via des satellites comme Poseïdon)...
 
Cortes Banks, très gros. By Les Walker. Il semblerait que le futur eldorado du "huge waveriding" (énorme en langue française) se trouve quel part au large des côtes des états de l'Oregon et du Washington, à l'extrême nord-ouest des Etats-Unis.
Ainsi, Cape Danger verrait " régulièrement " déferler des vagues de 80 pieds... dans la tourmente et le froid ! Car se rapprocher ainsi du coeur des dépressions implique forcément la présence des vents qui vont avec, tôt ou tard.
Pour surfer ce spot, qui est semble t'il l'une des cibles du Billabong Odyssey, il faudra donc scruter le bon moment ! Pour l'instant, les plus grosses vagues surfées par la fine équipe Billabong l'ont été aux Cortes Banks. Des hauts-fonds à plus de 105 miles à l'ouest de San Diego.

Atteindre la limite des 100 pieds (plus de 30 mètres de face) semble donc plus réaliste que jamais. Cela équivaudra à attraper un Tsunami (raz-de-maré) qui par définition est imprévisible. Mais là, les riders seront prêt. Le swell du millénaire ne leur échappera pas.
 
Mappemonde des spots
Waimea (Hawaii, Oahu)
Maverick's (Californie)
Todos Santos (Mexique)
Pico Alto (Pérou)
Dungeons (Afrique du Sud)
Jardin do Mar (Madère)
Menakoz (Espagne)
Nazaré (Portugal)
Tanga Roa (Ile de Pâque)
Maraa (Tahiti)
Easter Reef (Australie, Victoria)
King Island (Tasmanie)

Pour le Tow-in:
Cortes Banks (Californie)
Outside Log Cabins, Revelations (Hawaii, Oahu)
Jaws (Hawaii, Maui)
Unnamed outside reef (Hawaii, Kauai)
Cape Danger (Oregon)
Belharra Perdun (France, au large de St Jean-de-Luz)
 
Bonus
Dans le cadre de ce dossier spécial, suivent les interviews exclusives des meilleurs big waveriders de Maverick's, LA Mecque internationale du big waveriding. Ils sont les témoins privilégiés des mutations de ce sport.
 
Jeff Clark, le parrain
09/01/2003
Il est le dit-pionnier de Maverick's, gère un surf shop et organise un gros event avec son sponsor de toujours. Rencontre avec un homme qui ne s'arrête jamais et qui a son mot à dire sur le milieu du big waveriding !
 
Peter Mel, le petit prince
16/01/2003
La trentaine passée, Peter Mel a tout d'un grand et n'est pas prêt de partir à la retraite ! Surfer de vagues énormes, rider radical dans tout type de conditions et shaper émérite, il étonne par son calme. Itinéraire d'un enfant gâté !
 
Darryl Virotsko, la puce culottée
12/02/2003
Darryl Virotsko est plus connu sous le nom de " Flea ", autrement dit la puce. Entretien avec le double vainqueur de l'event " Men who ride mountains " à Maverick's, et le précurseur du surf moderne avec sa bande de Santa Cruz.
 
Carlos Burle, Brazilian big waverider
07/03/2003
Carlos est le représentant le plus prestigieux de son pays en matière de gros surf. Rencontre avec un homme qui a galéré et nous explique la condition brésilienne dans le dur monde de la glisse.
 
Texte : Vince
Photos : Lolopipe, Antony "Yep" Colas, Tim Mc Kenna (Oxbow), Les Walker (Billabong), Tostee (ASP), John Severson et surtout Frank Quirarte (Mavsurfer.com).
 
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