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| 31/10/2001
Surf Art
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David Le Quément, Michel Delamarre, Nicolas Dejean, Ema Poiraud, Mayumi... Des artistes pasionnés par les vagues et le surf. Enquête dans le milieu du "surf art", toiles à l’appui. |
| David Le Quément |
Né le 25 Avril 1972
Expos : Paris, Ivry / Seine, Arcachon, Anglet, Hossegor,
Illustrations : 100 vagues, Surf Saga, Livre Dauphins et Baleines, Réseau Cétacés, Salal, Earth First, Nouvelles Clés…
Bodysurfe depuis 1990
Passionné par l’Océan depuis tout petit, ses mouvements, sa liquidité et tout ses habitants, david peint le monde sous-marin des vagues. Un peu comme Guy Degrenne dessinait des plats et des couverts sur ses cahiers d’école, David esquissait des vagues et des dauphins.. Cet ex-étudiant des Beaux-Arts (" Ils n’aimaient pas que je peigne des vagues ou des cétacés, certainement parce qu’ils n’en connaissaient rien ") a connu toute une palette d’activités professionnelles (allant de poissonnier à étiquettiste) avant de se consacrer à ses toiles, même s’il continue encore, à 29 ans, à faire des petits boulots pour arrondir ses fins de mois.
" Je crois que l’océan ramène l’humain vers son passé aquatique aussi sûrement qu’il le fait voler vers un avenir tout aussi liquide. C’est donc un monde qu’il va falloir apprendre à aimer et à percevoir, mais non plus comme un énorme potentiel d’exploitation, où l’on peut tout se permettre, comme d’y cacher tout ce que notre monde moderne rejette et n’arrive pas à absorber.
" Les Cétacés savent vivre en parfaite symbiose avec l’élément marin alors que nous avons été incapables de la faire sur terre (en tous cas, nous, Occidentaux). Ils ont pourtant un cerveau proportionnellement quasi-identique au nôtre (en volume). C’est l’utilisation qui diffère ! Ne serait-ce pas en observant les dauphins surfer dans les passes que les Polynésiens auraient eu l’idée de dévaler les vagues ? "
Quant aux vagues, c’est toujours un acte vivifiant que d’essayer d’arrêter leur course dans une pose un peu irréelle dans des angles que seuls les meilleurs photographiques savent trouver, avec en plus le choix de la lumière , du fond & de la vie marine qui habite la vague. Le mouvement, la courbe et la sensualité des vagues l’ont toujours possédé, avalé et délavé… ". Le voilà revenu de la forêt de Rambouillet avec sa femme Océane (qui peint des nus mais qui se laisse tenter par les courbes bleues) et ses deux petites filles. Il s’est donc calé à Anglet, à une encâblure des Cavaliers, où il entretient ses visions en faisant du bodysurf.
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| Michel DELAMARRE |
Vit à Chamonix
Né le 19 Janvier 1948
Homespot :bouznika, Maroc
Surfe depuis 37 ans
Goofyfoot
Quiver : 6’6" Stark
Tél : (04)50530209
Michelnet1@aol.com
Michel Delamarre a connu le surf à la fin des années 60 au Maroc. Pionnier de spots comme Dahomey près de Casablanca, il n’a cessé, depuis plus de 35 ans, de faire glisser sa planche que ce soit sur l’eau, avec ou sans voile, ou sur la neige. Après 30 ans de bons et loyaux services au Club Med, il est chef de village l’été partout où le Club est planté à proximité d’une vague ou à Chamonix l’hiver, son fief.
Suivons-le le temps de quelques lignes aux Maldives, du temps où le Club était à Faru. Pendant que les GM (gentils membres) plongent, Michel sort du lagon avec son Boston pulsé par un bourrin de 65 chevaux pour aller checker le spot le plus proche, Furana. Après une dizaine de minutes à zébrer les eaux sombres du chenal, le Boston est au pic. Que ce soit à Nusa Dua à Bali, à St-Domingue,à la Guadeloupe ou ici, Michel a l’habitude d’aller surfer en
bateau. La première section est visible depuis le Club mais c’est la deuxième section qu’on surfe, une droite parfaite qui s’enroule à plus de 90° autour d’un reef aux couleurs turquoises. Comme Michel y surfe le plus souvent seul avec Christian, le boss de l’école de plongée ou avec les surfers de passage, il a posé une bouée pour repérer le take-off. Tout serait parfait si cette vague ne demandait pas un swell conséquent.
De retour au Club, Michel va voir les Gentils Organisateurs (les G.O) pour faire le bilan de la journée et préparer les animations de la soirée où il ne manque pas de chanter, danser ou faire quelques sketches. Mais voilà, depuis des lustres, il dessine et c’est par la plus aquatique des peintures qu’il s’exprime : l’aquarelle. Il sait croquer avec une bonne pointe d’humour les situations un peu cocasses de la glisse. Selon où il se trouve. Quand il est en montagne, ça parle de snowboard. Et quand c’est au bord de vagues, c’est du surf. Le voilà illustrateur de l’intranet du Club Med, histoire de booster un peu la mécanique " bonne humeur " du plus beau fleuron de l’industrie touristique française.
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| Nicolas DEJEAN |
Homespots : Biscarrosse, Guéthary, Sunset, Padang et le Rozel
Né le 15 Avril 1960 à grands coups de Forceps qui lui ont pété le tarin intra utéro.
Natural foot, sauf quand il a trop bu ou pas assez dormi.
Surfe depuis Juillet 1976
Quiver : 6 planches de 6’8’’ à 9’6’’(gun)
Surfmobile : Toyota Avensis ( Bon : un de ses oncles est concessionnaire…)
Dreamtrip : été 1989 à Bali : 6 pieds les jours de flat
E-mail : NicolasJJDejean@aol.com
Que celui qui n’a jamais rencontré un surfer enseignant la gym me jette le premier pain de wax ! C’est peut-être la corporation la plus représentée chez les surfers avec les kinés et les autres profs. Un type qui s’est laissé happer par la magie des courbes de la glisse sur les vagues a de grandes chances de finir par enseigner le mouvement et développer une passion sportive. Surtout s’il travaille sur la côte.
Sauf que Nicolas, lui, a commencé à Paname. Mais, entre temps, il s’était frotté aux vagues de Biscarrosse en pleine époque des Seventies. Habitué à bouger pour aller surfer, Nicolas s’est mis à enfiler les surftrips à l’étranger comme des perles. Jusqu’à trouver les trips trop courts et les périodes scolaires trop longues et donc à prendre une année sabbatique pour faire le grand tour des Océans.
C’était en 1985. Il en reviendra avec sa fille, Julie, et un récit de voyages, publié plus tard sous le titre : "Guide du surf". Il s’en suivra d’autres ouvrages didactiques sur le surf, publiés cette dans l’optique d’expliquer le surf comme un sport de rêve mais dont on peut expliquer l’apprentissage aux autres. Surfer de grosses vagues, il a cherché au-delà de la technique du surf à attraper cette émotion ultime du drop massif à Guéthary ou du barrel bien dedans à Padang 2, ce qui lui donnera l’idée de faire son fils Damien du côté de la Bukit.
Que ce soit sur les Outside d’Uluwatu, sur les gros jours de la Nord à Hossegor ou sur les Sunset d’Hawaii (il s’est lâchement dégonflé devant le Pipe et Waimea !!), il est arrivé à se convaincre que prendre une grosse série sur la gueule, c’est finalement une bonne école de la vie. De retour à Paris, histoire de gagner plus en travaillant moins, il a pris une grosse série de révisions sur la gueule pour obtenir l’agrégation sur une copie notée 10 par 4 juges sur 5. De quoi gagner aussi plus de points pour être muté hors de Paris au plus vite et rejoindre…la Manche.
Eh, ouaih, y’a pas que les vagues dans la vie, y’a aussi le vent. Le voilà parti à ses heures perdues de prof qui bosse 17 heures par semaine (on va dire 35 avec les conseils de classe, bulletins et autres tracasseries scolaires histoire de respecter la loi !) à taquiner le windsurf, à surfer localement le Rozel, Sciotot ou Siouville quand il y a des conditions, et à naviguer avec son petit voilier sur les eaux remuantes du raz Blanchard entre Cherbourg, et les Anglo- Normandes (mention +++ pour les pubs de St Peter Port, et la maison de Victor Hugo, à Guernesey).
Et puis, la peinture est arrivée. D’abord, sous la forme de petites aquarelles de lineups de vagues exotiques, et de côtes bretonnes pour ses enfants. Puis, devenu esclave d’un chevalet et de pinceaux, le voilà confié aux cours du soir de l’école des Beaux-Artsde Cherbourg, sous la houlette de L.G. CAUVIN pour la peinture et D. SOULE pour le dessin. Là, on l’a même obligé à peindre ou dessiner autre chose que des vagues ! Des pommes, des barriques vidées, des nus, et autres trucs bizarres !
Toujours est-il que la technique s’affine et que les lineups de rêve qu’il avait surfés puis cartographiés à mano, tel un pirate de l’île au trésor, sont devenus de beaux tableaux, inspirés de photos ou de ses souvenirs de baroudeur impénitent. Et c’est bien sûr Bali qui revient le plus souvent : 7 étés là-bas, ça marque !
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| Emmanuelle "Ema" Poiraud |
Née le 21 juillet 1973
Surfe depuis 1998, natural foot
Homespots : Côte des Basques
Quiver : 9’2" Mc Tavish
Dream trip : Nusa Lembogan, Byron Bay
Surfmobile : Ford Clipper fleurie
Cursus : Maîtrise d’Histoire
Poids d’une sculpture 50 cm x 30cm : 5 kg
Outil de travail : un mini couteau Suisse
Contact : 0660657395
E-mail : ema@surftrip.net
Un jour, Emmanuelle s’est emmerdée sur une plage de Vendée. Pendant que les braillards moulent des pâtés, les morveux des châteaux, elle, barbote dans le shorebreak et sculpte sa première femme de sable. Une inspiration qui prend forme et qui se détruit peu après avec la marée montante. Destin inexorable de toute édifice sableux... Le cycle de la vie version courte. Ephémère création.
Et voilà-t-il pas que pendant 2 mois, elle brasse, elle modèle, elle sculpte, elle cisèle des naïades, des Poséidons, des dauphins... dont les traits finissent irrémédiablement par se diluer et s’évanouir avec la vague. Perdu de vue mais pas perdu dans la mémoire. Non seulement la sienne mais aussi celles de surfers et autres plagistes qui s’arrêtent pour commenter. Toujours est-il qu’ils ne restent pas indifférents à ces créatures à taille réelle aux courbes très avantageuses.
A côté de ça, Ema est dans la dèche. Elle a quitté Le Mans pour écumer la Côte Basque, sans plan précis autre que celui de squatter dans son camion et d’oublier quatre ans d’études d’histoire où elle avait fini par s’enliser. On est en Octobre et la cigale sent les premiers souffles de la Bise. Ca commence à peler et la thune commence à se faire rare.
Alors, elle se jette. Plutôt que de faire la manche au VVF de la Chambre d’Amour, son spot de sculpte de prédilections, elle pose une gamelle en métal à côté de ses illustrations de sable sur la plage la plus fréquentée, la plus curieuse, la plus généreuse... La Grande plage de Biarritz un dimanche... "The right time at the right place", c’est comme le tube. Y’a pas de raison que ça rentre pas !
En plus, le promenoir offre un belvédère pour que les badauds jouissent d’une vue d’ensemble. Après, y’a ceux qui voient, ceux qui veulent toucher et ceux qui laissent sonner et trébucher des espèces dans la gamelle. Parfois de la mitraille, parfois des gros calibres, voire des biffetons. Jusqu’à 800 balles par session dans les bons jours... Pas de quoi faire des folies mais de quoi survivre la semaine. Mais voilà, voir partir ses sculptures sans en garder une trace finit par la miner. Même si un jour, une jeune nana sympa lui envoie des photos. Une minette d’ailleurs qui a fait les beaux-Arts, contrairement à elle qui a été recalée avec 5/20 ! Et qui aime ses oeuvres ! Et puis, les conditions de plage sont rudes en hiver. Il faut être disponible humainement. Beaucoup de rencontres sympas mais aussi la loi de la vindicte populaire. Sous la plage, les pavés ! Ca devient un peu la rue. Y’a même des jours où elle y va à reculons.
Il faut changer les données du problème. D’abord, il faut solidifier ce sable pour pétrifier cette sculpture. Il faudra 5 mois de tentatives infructueuses avant de trouver la recette magique. Sachez seulement qu’il faut de la colle et de l’eau.
Et du bon sable, pas trop dégueu, style pas Anglet. Pas trop grossier, style pas les galets de Biarritz. Alors, il faut se hisser dans les Landes pour engranger de bonnes pelletées de sable de dune. De quoi faire ... 2 sculptures ! Et puis enfin, des encres, pour donner une pêche chromatique à ce qui n’a que du relief.
1997, la première commande est tombée. L’ondine de ses débuts s’est transformée en sirène à destination de la "Marcel Echope" d’Eric Bourg pour une PLV originale. Puis, c’est la "Map Monde" pour Mama Nature, un tryptique des 3 océans. Puis, un "Secret Spot" Indonésien au Camping Fontaine Laborde."
Après les particuliers viennent les entreprises comme Rip Curl, qui commande 200 "The Search" et "Corporate Logo" pour la déco des shops. La manne céleste... de quoi commencer à vivre et à voyager. Finies les sculptures de plage !
Après 6 mois d’industrialisation de son art pour satisfaire cette commande, elle sature, il faut souffler. Un surftrip à Bali et en Australie. Parce qu’entre-temps, elle s’est mise à surfer sur un longboard et que même si elle supporte la combi, elle préfère les eaux chaudes. De quoi se faire les pires sessions, comme cet après midi magique à Playgrounds à Nusa Lembogan, une infidélité rare à son sable de prédilection. "C’était abuser tellement c’était parfait".
Arrivée en Australie, elle réalise 3 sculptures, que le 1er surf shop à qui elle le propose achète illico avec une commande de 2 en sus. Providentiel ce Longboarder’s Surf shop de Kirra qui se trouve alors faire une expo sur la "Surf Culture de la Gold Coast" ! Une des sculptures est achetée par un des frères Nielsen, dont la marque de board "Nielsen Bros" a fait plus que son trou dans la nuée des shapers australiens de talents.
A l’instar d’un serveur, d’un cuistot ou d’un bon bricoleur, Ema s’aperçoit qu’elle peut travailler sur n’importe quelle plage du monde. Ca ne tombe dans l’oreille d’une sourde mais à ce moment-là, elle rentre sur la Côte Basque. La Mairie d’Anglet lui offre un atelier en échange de la réalisation d’une Expo à la Chambre d’Amour à l’automne dernier. Alors, elle peut acheter son sable au m3, et même se faire livrer : royal sauf que le plus long reste à faire ! 2 à 3 heures pour un cadre de pin en contreplaqué et juste quelques centaines d’heures sup’ pour pétrir ce sable nourrissier, qui lui laisse le soir venu, outre une grande fatigue, les doigts plein de colle et d’encre bleue à force de faire des vagues et du sable partout.
Mais peu importe, le sable, c’est le dernier souffle de la vie. C’est le bout de la chaîne des décompositions minérales. C’est une matière universelle qui contient la mémoire des vents, des marées, des pluies qui ont façonné la côte. "Le grain de sable active ma conscience du monde". Il est infime mais il témoigne de tout ce qui s’est passé pendant des millénaires. Par sa petitesse, il fait penser à l’atome qui nous rappelle que tous les êtres vivants sont faits des mêmes particules, seule la composition change.
Outre les vagues et les océans, on trouve des Mandalas, ces dessins géométriques tibétains qui évoquent la naissance de l’univers. Ou ces lettres en Sanskrit qui signifie OM, la vibration universelle qui anime les êtres vivants. Ou des danseuses Balinaises, dont la révérence au milieu de fleurs multicolores invite le public à s’interroger sur les variations de la diversité naturelle à partir d’une base semblable. Il est vrai qu’elle a été conquise par la perception du temps en Asie, le respect de l’ordre des choses. Tout ce qui en émane lui parait symboliser cette perception du temps en harmonie avec la Nature, dans le but de vouloir bousculer notre perception occidentale où le temps est à la mesure de l’homme et non plus le contraire. Quel est le tempo idéal ? Personne ne sait. Entre l’éternité et l’éphémère.
Après une Expo à Paris chez Gravity Zéro au printemps, un château de sable pour le clip de Noir désir " Le vent nous portera " et une Expo sous la verrière du Biarritz Surf Trophée, elle se demande si elle n’aurait pas intérêt à partir malaxer un nouveau sable. Car, tout comme les vagues, tous les sables sont différents : sable de corail, de volcan, de désert, de falaises... elle en a désormais une collection que ses potes lui ramènent du monder entier dans des bouteilles plastiques qu’elle garde pour une ultime sculpture.
Byron Bay, la Gwada, La Californie : rien n’est décidé encore. Comme le sable, elle se laissera porter par le vent. Avant qu’elle ne parte, n’hésitez pas à la contacter si une de ses " sablûres " vous intéresse ou si vous avez une idée à lui soumettre.
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| Mayumi |
Le peintre japonais Mayumi collectionne les arts : le shiatsu, la cuisine, le surf, le dessin. Il passe l’hiver sur le North Shore et prend ses quartiers d’été entre Biarritz et Hossegor.
" Certains n’ont qu’une vie… Moi, j’en exploite trois ou quatre en même temps " Son père voulait qu’il devienne samouraï pour tourner des films… Mayumi, choisit d’entrer aux Beaux Arts. À 17 ans, il quitte le Japon et part à la conquête des vagues d’Hawaï.
Alors qu’il s’est toujours senti protégé par la connaissance des arts martiaux, il se retrouve démuni face à la puissance du Pacifique. Balayé par une vague de 7 mètres sur la plage de Waïkiki, il perd sa planche et voit la mort venir. Mais un surfeur plus expérimenté le récupère par les cheveux, le ramène au bord et lui dit : " jeune homme, n’ai pas peur, reviens surfer, je t’attends ici demain matin à 7 heures. Si tu n’es pas là, tu ne remonteras jamais sur une planche. " C’était Rabbit Kekaï, figure légendaire du surf, l’un des plus anciens maîtres nageur de l’île.
Pendant un an, Mayumi reste à Hawaï pour apprendre à dompter l’océan. La beauté et la puissance des vagues hawaïennes deviennent sa source d’inspiration. Il s’inscrit alors aux Beaux Arts de Paris pour perfectionner son style et découvre les vagues de l’Atlantique sur la côte landaise : " pour moi ce fut l’hallucination , Hawaï en France. L’énergie de la mer est la même, la couleur magnifique. " Aujourd’hui Mayumi peint de préférence la nuit. À travers ses toiles, il cherche à retranscrire des expériences, des sensations. Il s’imagine toujours au cœur de la vague qu’il dessine en utilisant le pinceau mais aussi ses doigts et ses cheveux. Des vagues qui se ressemblent et qui pourtant sont toutes uniques. " La vague, c’est comme une femme. Elle change chaque jour, elle n’est jamais de la même humeur. Il ne s’agit pas simplement de regarder ou d’écouter la vague, il faut aussi sentir avec son corps… Qu’est ce qu’un surfeur ? avec une petite planche, un long board, un body, avec n’importe quel moyen, c’est celui qui aime la vague, qui fait l’amour avec la vague. C’est la vérité et la liberté. Dans mes tableaux, les vagues ne bougent plus. J’immortalise le moment. Et je permets aux gens d’avoir un petit morceau d’Hawaï chez eux . "
Au casino d’Hossegor, en dehors des heures de compétition les plus grands surfeurs se succèdent, Mark Occhilupo, Sunny Garcia, Tim Curran ou Kalani Robb. Certains acquièrent même ce petit morceau figé d’océan. Dans son livre d’or, Mayumi montre la dédicace de Rob Machado : " recréer quelques-uns des plus beaux moments dans le monde est quelque chose de particulier. Toi, mon ami, tu l’as fait mieux que tout le monde. Merci pour cela et à bientôt dans l’eau… "
L’Art au secours de l’environnement Il y a trois ans, Mayumi décide de créer l’association Art et surf. L’objectif : aider les artistes, surfeurs amateurs, à se faire connaître. Mayumi s’est inspiré de la tradition tahitienne où art et culture tiennent une place prépondérante. À l’époque Maori, le surf, sport des rois était uniquement réservé aux descendants de la noblesse qui était alors admis dans la caste des Ariois. Les privilèges attachés à cette caste ne pouvaient léguer. Seul un talent particulier permettait d’être admis chez les Ariois. Ce fut le cas de certains surfeurs émérites, de certains sculpteurs ou constructeurs de pirogue. C’est dans cet esprit que Mayumi cherche à promouvoir la culture surf. Tous les membres de l’association partagent les mêmes convictions et préoccupations. Au centre de ces dernières, la défense de l’environnement marin. Comme chaque année, à l’issue de son exposition, Mayumi a fait don d’une de ses toiles à Surf Rider Fondation afin qu’elle puisse la vendre aux enchères et poursuivre ses analyses sur la qualité des eaux.
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Antony "yep" Colas
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Le commentaire
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