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11/10/2001Photo subaquatik
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 11/10/2001 Photo subaquatik

Des photographes « ramassent » sous les vagues avec l’espoir de ramener un bon cliché. Pourquoi, où, comment... Anthony Rocton, photographe underground et underwater, nous dévoile les coulisses de son art.
 

Parmi toutes ces méthodes la photographie sub-aquatique reste certainement la plus délicate techniquement et la plus exigeante physiquement.
Cela méritait bien un focus, et nous avons demandé à Anthony Rocton, photographe underground et underwater, de nous dévoiler les coulisses cet art.
Rencontre d’un surfer-photographe
On n’est pas photographe-surfer mais surfer-photographe. Le photographe de surf doit avant tout être un surfer qui connaît le milieu dans lequel il évolue, savoir lire et comprendre les courants, lire les fonds, voir et comprendre les séries qui arrivent, avoir un placement dans la zone de déferlement, être au plus près du peak.

Bref, ce que tout surfer sait faire après un temps de pratique, sauf que lorsqu’on est photographe aquatique on n’a pas de flotteur sur lequel s’asseoir. Pour pouvoir maintenir la bouche hors de l’eau et donc respirer, il faut continuellement palmer. De plus les canards doivent se faire avec une des mains prisonnière du caisson (qui peut faire jusqu’à 2kg).
 
La difficulté tient évidemment au fait qu’il faut plonger bien avant que la lèvre explose, rester en immersion, se faire recouvrir par le passage du surfer et des ailerons acérés, cadrer en ouvrant les yeux sous l’eau puis émerger avant qu’une nouvelle vague arrive.

Une excellente apnée est vitale au risque de jouer avec sa vie, car si ça va mal en une seconde le photographe se fait avaler et passe par la washing-machine.
Une fois que la vague le recrache, il n’a pas de flotteur pour reprendre son souffle. Il faut dans ce cas refaire un canard aussitôt pour éviter les vagues de la même série, tout en protégeant la lentille frontale de son caisson, éviter les courants, les coraux coupants comme du rasoir, les oursins. Tout ça pour se replacer dans la zone d’impact ou derrière l’épaule de la vague, bref remonter au peak comme n’importe quel surfer .

Une heure de water shooting est épuisante et nécessite d’avoir une condition athlétique excellente.
 
Le matos
L’équipement est réduit pour être très mobile : 1 casque pour se protéger et surtout être vu des surfers, une combinaison isothermique car le corps est constamment immergé (la déperdition calorique est de 2 à 3 fois plus importante que dans l’air), et une paire de palmes de bodyboard.

Je conçois et fabrique mes propres caissons étanches avec une technologie utilisée par exemple en formule1 ou pour les bateaux de courses. Mes caissons sont particulièrement légers, faits sur-mesure, très résistants même aux pires conditions et parfaitement ergonomiques. J’en fabrique d’ailleurs sur commande.
 
La technique
Le photographe aquatique est constamment là où il ne faut jamais être : toujours dans la zone d’impact, sous la lèvre. La photographie de surf c’est avant tout pouvoir analyser en temps réel un milieu en perpétuel changement. Le photographe sub-aquatique est porté par une eau qui est en mouvement, photographie un sujet qui est en mouvement sur un élément lui-même en mouvement (la vague). A priori il est impossible de réussir des photographies dans de telles conditions car la lumière change en plus constamment. Or la photographie c’est capturer en un millième de seconde une quantité de lumière choisie par le photographe.
 
Il y a tellement de variables que seule l’œil humain réussit par habitude à apprécier s’il faut sur-exposer ou sous-exposer selon sa propre position. Or l’électronique des appareils d’aujourd’hui est très souvent prise en défaut dans les situations particulièrement critiques de la photographie de surf aquatique. Les contre-jours sont souvent mal gérés, la mise au point se fait sur la surface de l’eau en mouvement et rarement sur le surfer en arrière plan. Aussi chaque photographe débraye ces automatismes et a ses réglages perso pour gérer la lumière et la mise au point.
 
Pourquoi endurer tout ça ?
Le photographe obtient sa récompense lorsqu’il se retrouve devant sa table lumineuse et découvre des clichés d’une beauté parfois fascinante. En effet, la photographie de surf subaquatique nous laisse découvrir toute la beauté sculpturale, presque magique, de l’océan...
Et puis aller à l’eau prendre des photos c’est quand même moins frustrant que de rester sur la plage à shooter avec un 600mm.
 
 
Texte : Anthony Rocton, Olivier Servaire - Yep / Agoride
Photos: Anthony Rocton, Philippe Chevodian, Sean Davey, Slabbert, Quiksilver.
 




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