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| 10/02/2003
Marée noire
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Le littoral Atlantique fermé cet été ? Les conséquences du Prestige vues depuis la plage, par Hugo Verlomme, écrivain du sud des Landes, avant le grand rassemblement prévu fin février par l’ensemble de l'industrie. |
| L'avis du local |
Il existe de toute évidence un réel décalage entre la réalité de la marée noire vécue au quotidien et l'image qu'en a le grand public. Ici, dans les Landes, ce sont des arrivages continuels d'une infinité de boulettes de fuel, galettes, bouses, plaques, qui vont et viennent au rythme des vagues et des marées. L'accès aux plages est interdit sous peine de PV, mais ceux qui s'en sont approchés y ont trouvé quantités de coquillages morts, ainsi que des cétacés. Les oiseaux arrivent épuisés, mourants. Chaque jour la marée apporte son lot de mort que l'on ne voit pas, puisque les plages sont fermées au public. Les boulettes se déplacent aussi bien à la surface qu'entre deux eaux et passent sous les barrages flottants. Le goudron se dépose au fond des baïnes (poches de sable formées par les vagues et le courant), tuant toute vie au passage, ce qui expliquerait la présence de coquillages rares, trouvés morts sur la plage. L'une des seules pêches encore autorisée est la pêche à la pibale (ou civelle, larves d'anguilles), pratiquée avec des filets aux mailles fines, posés dans les embouchures des rivières.
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Là aussi, on a retrouvé dans les mailles les plus fines la présence de micro-boulettes, quasi-invisibles à l'oeil nu. Microscopique ou en plaques, ce fuel se répand et se dilue partout au gré des vagues et des courants du Golfe de Gascogne. On le retrouve dans les lacs marins (comme à Hossegor), ou projeté sur les centaines de kilomètres de plages du littoral Atlantique et jusque dans les dunes. Avec l'action du vent et de la mer, on peut supposer qu'une quantité de ce goudron va rester enfoui. Qu'arrivera-t-il si des enfants entrent en contact avec ce produit mêlé au sable? Les fronts de mer n'échappent pas à la souillure : on retrouve des fragments de ce pétrole dans la rue et donc dans les foyers, par l'intermédiaire des semelles des passants, qui se plaignent de ne pas arriver à les nettoyer sur leur tapis ou leur carrelage. Certains le touchent même avec les doigts, le reniflent, ignorant son extrême toxicité cutanée ou aérienne. D'une façon générale, le public semble nettement sous-informé par rapport à la dangerosité du produit. Des centaines de volontaires sont hospitalisés en Galice et le Conseil de l'Ordre des médecins de Gironde refuse désormais de délivrer de certificats médicaux pour les volontaires.
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Lorsque la pollution a touché les plages espagnoles, notre gouvernement nous a assuré qu'en France tous les moyens seraient mis en œuvre. Or quels moyens voit-on sur les plages d'Aquitaine aujourd'hui? Peu de chose, sauf peut-être sur des plages plus "prestigieuses" que d'autres. Quelques employés municipaux ou pompiers ratissent péniblement les plages avec des pelles et des râteaux entre deux marées, véritable travail de Sisyphe qui peut durer des mois. Où sont les grands moyens ? Où sont les hommes, les machines, la solidarité annoncée ? Même les trieuses qui d'ordinaire ratissent les plages, semblent absentes. Plages et communes sont livrées à elles-mêmes et les citoyens ne savent plus que faire, face aux plages jonchées de goudron et d'animaux morts. La rage et la tristesse donnent envie aux citoyens de participer, mais la toxicité du produit est telle que l'on ne peut pas s'improviser volontaire. Face à cette catastrophe sans précédent, véritable Tchernobyl de l'océan, l'État doit assumer ses responsabilités et prendre ses précautions, tout comme s'il s'agissait d'un produit radioactif. On ne demande pas à des citoyens d'aller dépolluer une centrale. Certes, nous n'avons pas ici une pollution comparable à celle de la Galice, mais c'est une autre forme de pollution, plus insidieuse, parce que diluée au point d'en devenir invisible. La tâche, immense, peut durer longtemps, en fonction des fuites du Prestige et de la météo. Mais vu la présence de ces molécules de pétrole aussi bien en surface qu'en suspension, sur le fond ou dans le sable, qui peut dire à quel moment les plages pourront être à nouveau ouvertes au public en toute sécurité ?
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Pour de nombreuses communes et régions, les enjeux économiques et touristiques sont énormes. Le taux de réservations est au plus bas. Tout le monde attend. Mais attendre quoi ? Que les vagues et les courants emportent les boulettes un peu plus loin ? Lorsque les courants s'inverseront cet été, les boulettes reviendront, et ainsi de suite dans le ballet des vents et des courants. Qui, dans ces conditions, pourra prendre la responsabilité d'autoriser à nouveau la baignade ou la pêche ? Les analyses suffiront-elles ? Une plage peut sembler saine un jour et s'avérer polluée le lendemain, par l'arrivée d'une nouvelle nappe plus ou moins diluée. Le sable, constamment remué, peut receler pendant longtemps encore, des traces de ce pétrole si toxique. Il faut donc dores et déjà poser la question : est-il possible que les plages du littoral Atlantique restent fermées l'été prochain ? Quelles en seraient les conséquences ? Cette catastrophe doit nous faire réfléchir. Une fois de plus le pétrole se trouve au cœur du problème. Ce pétrole dont nous sommes si gloutons, nous autres les consommateurs. Cessons de chercher les "voyous des mers" là où ils ne sont pas. Nous les avons trouvés: ces voyous, c'est nous, vous et moi, cet Occident pétro-dépendant lancé dans une course à la consommation qui menace la planète. Nous autres les consommateurs, avons le pouvoir de changer cela. Chacun à notre façon.
H. V.
Post Scriptum: Cerise sur le gâteau pour les habitants de Capbreton-Hossegor, qui ont droit à une pollution supplémentaire. Avec le dragage du port de Capbreton qui est en cours, ce sont 92000m3 d'eaux noirâtres et de boues toxiques contenant de l'arsenic, du cadmium, du plomb, du TBT, etc., qui sont déversés directement sur les plages et dans une mer déjà gravement polluée !
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| L'avis de l'EUROSIMA |
La marée noire est sous nos pieds et sur nos plages, elle est aussi présente dans tous les médias et l'image projetée aujourd'hui de notre côte ne nous laisse présager rien de bon pour un avenir immédiat.
Il me semble important que la glisse adopte une position commune face à ce problème. Pour cela, elle doit se réunir afin de préparer sa réponse, que celle-ci soit juridique, économique et médiatique. Cette réponse doit être celle du simple surfer comme celle de la plus importante de nos sociétés.
Je vous propose que tous ceux qui se sentent concernés se retrouve le vendredi 21 février 2003 dans un lieu qui reste à définir, qui se situera entre Biarritz et Hossegor en fonction du nombre de participants. Afin d'en faire le compte, faites nous savoir le plus rapidement si vous en feriez partie. Le programme de la journée ainsi que le lieu vous seront communiqués ultérieurement.
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Sont concernés par cette réunion : - Toutes les sociétés de l'industrie du surf (Membres Eurosima ou non) - Les artisans shapers de L'Association des Shapers d'Aquitaine. - Des responsables de surf shops aquitains. - Un représentant de la Fédération Française de Surf. - Un représentant de l'Association des Surfers Professionnels Europe. - Des surfers pratiquants et professionnels. - Un représentant du Syndicat des Moniteurs de Surf. - Des représentants et des membres de Surfrider Foundation Europe. - Des journalistes de la presse spécialisée surf et glisse.
Nous vous serions reconnaissants de contacter l'Eurosima au plus vite pour confirmer votre présence avant le 18 février 2003.
François PAYOT Président de l'Eurosima
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| Contact EUROSIMA |
Franck LAPORTE-FAURET EUROSIMA Administration - Espace Olano - BP 10 64 500 ST JEAN DE LUZ - FRANCE Tel : 00 33 (0)5 59 51 92 54 / Fax : 00 33 (0)5 59 51 92 79 Email : francklaporte@eurosima.com
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| L'avis de la rédac |
Les individus se bougent (cf Hugo Verlomme). Les associations se bougent (cf Surfrider). L'industrie se bouge enfin et fait entendre une voix commune (cf Eurosima). Il ne reste plus qu'à vous d'agir si vous voulez que cela change sur le long terme. Ici, il est difficile de pointer un responsable unique du doigt, vu le montage financier complexe qui a mené à cette catastrophe. Montage suffisamment bien fait pour qu'il n'y ait en fait aucun coupable légal, si ce n'est un mafieux russe sans scrupule qui sera bien dur à épingler. Reste la conscience du citoyen et la pression que chacun de nous peut avoir sur les institutions (ou les multinationales le cas échéant). Nos voix individuelles trouvent leur portée maximale via les associations qui rassemblent les contestataires, ou via les rassemblements dont les médias se font l'écho. Comme pour les bonnes sessions, sachez faire le bon move au bon moment au bon endroit. Pour sûr, les choses peuvent changer si suffisamment des gens (responsables) se sentent concernés. Et si vous vous mettez à l'eau plus d'une fois par an, vous devez l'être. A bon entendeur...
Photos : Surfrider Foundation et particuliers
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| Liens utiles |
Le site de la Surfrider Foundation
http://www.surfrider-europe.org/
L'actualité de l'environnement sur le site de l'IFREMER
http://www.ifremer.fr
Informations sur l'environnement et la pollution
http://www.ktaland.com/degazage/
Des infos sur les déchets et leurs émetteurs sur le site du Ministère de l'aménagement du territoire et de l'Environnement.
http://www.environnement.gouv.fr
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FOCUS Mais qui a chié sur la plage ? : Un résumé en images des dernières catastrophes, et surtout le bilan désastreux d'un immobilisme qui finira peut-être un jour par faire disparaître la pratique du surf.
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