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| 13/03/2006
Quiksilver Pro
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Visiblement dans une bonne période, après les Championnats du Monde 2005, Kelly Slater remporte la première épreuve WCT 2006. Mais est-ce suffisant pour le motiver à chercher une nouvelle couronne ? |
En parallèle du Roxy Pro, l'Australie et sa Gold Coast ont accueilli le Quiksilver Pro, premier contest de Coupe du Monde sur le calendrier WCT Hommes. C'est sur Snapper Rocks dans le Queensland que la compétition a débuté. Face à Kelly Slater (USA) se trouvaient les habitués du Tour, les Australiens Mick Fanning et Taj Burrow, mais aussi Andy Irons (HAW), et une dizaine de nouveaux rêvant depuis des années de s'affirmer sur le WCT, et parmi lesquels : Adriano De Souza (BRE), Shaun Cansdell (AUS), Pancho Sullivan (HAW), et Mickael Picon (FRA).
Selon les officiels, on n'avait jamais vu autant de sang neuf d'un coup, et autant de motivation affluer sur le Tour pour le pousser à atteindre de nouvelles limites. Mélange de maturité et d'enthousiasme, Sullivan, qui vient de fêter ses 33 ans, est le plus vieux des rookies : « Je pense que le surf ne vieillit jamais. J'ai eu la chance de beaucoup faire de free-trips étant ‘jeune', et de découvrir par la même occasion de nombreux spots dont j'avais toujours rêvé. Aujourd'hui, j'ai la possibilité de combler mes besoins de compétiteur. Et j'en ai envie tant que je suis au sommet de mon sport. Je me sens en pleine forme et j'ai hâte de rencontrer les tops surfers, qui me forceront à aller chercher très loin pour extraire de moi la meilleure performance possible ».
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Dès les premiers jours, Snapper Rocks a offert de belles conditions au Quiksilver Pro. Le swell promettait de grands moments pour les jours à venir, avec des vagues à la fois hautes et massives, adaptées au format de compétition, et un vent idéal. Bref, l'élite des 45, les deux wildcards, le Réunionnais Jérémy Florès et l'Australien Trent Munro, ainsi que le vainqueur des qualifications Ben Dunn (AUS), avaient de quoi profiter d'un terrain de compétition parfait. Et le contest était d'autant plus attendu que Kelly Slater l'avait désigné comme une étape décisive dans sa course au titre 2006. Selon ses propres termes, une victoire dès le début de l'année le motiverait à poursuivre sa quête d'une couronne supplémentaire, alors qu'un échec l'inciterait à réfléchir à ses motivations et éventuellement à prendre une retraite méritée.
« Il y a quelques semaines, j'étais très excité à l'idée de m'impliquer encore à 100% pour aller décrocher un huitième titre. Cette semaine sur Snapper devait m'aider à y penser. Mais j'ai l'intention de prendre chaque événement comme il se présentera et de ne participer qu'à ceux que j'ai vraiment envie de surfer. Mon existence change et je touche au bout de ma carrière. J'essaie de savoir si c'est la compétition qui me rend le plus heureux. Si j'y prend du plaisir, comme ça a été le cas l'an dernier, si j'apprécie sincèrement le tour et que je m'y amuse, alors j'irai jusqu'au bout ».
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N'est-ce pas dans le plaisir que naît la créativité ? Et l'efficacité ? Peut-être d'autres duels au sommet auraient-ils le pouvoir de lancer le Champion du Monde ?
De son côté, son grand adversaire, Andy Irons semblait plutôt profiter d'une pression moins pénible. Le fait de ne pas avoir de titre à défendre y étant sans doute pour beaucoup, l'Hawaiien s'est montré détendu et néanmoins confiant, malgré le challenge physique intense qu'imposait le choix du spot.
« Je ne suis pas Champion du Monde actuellement. La houle est très bonne et je suis heureux d'être sur la Gold Coast », a t-il avoué, avant de poursuivre : « Il y a un vrai défi et il faut être en forme pour surfer ici, tellement les vagues sont longues et exigeantes. D'autant plus s'il faut retourner en choper deux autres, après être venu à bout de la première ! On a besoin de beaucoup de force et d'endurance. Je m'y suis préparé mais rien ne peut vraiment aider à appréhender un tel spot ».
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Tout comme Slater et Irons, l'Australien Mick Fanning faisait partie des grands favoris. Numéro trois au classement général, il a avoué avoir toutefois pris les choses assez légèrement en venant sur la Gold Coast. Bien que les premiers jours de contests se soient joués entre le trio de tête, certains rookies acharnés ont réussi à imposer leur présence : Adriano De Souza, que certains voient comme l'éventuel premier Champion WCT brésilien, ou Jérémy Florès qui a fait de véritables frayeurs à Slater, avant qu'il ne rétablisse sa position de leader avec un 9,8 massif, quelques virages très aériens, et un tube interminable.
Après une violente tempête, la disparition du Superbank de Snapper Rocks a poussé les organisateurs à déplacer l'événement vers Rainbow Bay. Là, les données ont changé pour retourner la situation à l'avantage de surfers peut-être moins habitués aux particularités du précédent spot. Notamment l'Américain Bobby Martinez (qui a ridé la vague la mieux notée de la semaine pour un 9,93), Micky Picon (FRA) et David Weare (ZAF) qui ont réussi à mettre un frein aux ambitions de quelques vétérans du Tour. Picon a ainsi accédé au round 3 après avoir éliminé le Rookie of the Year 2005, Fred Pattachia avec un run à 8,17. « Je suis très heureux d'avoir gagné cette manche » a t-il déclaré, « J'admire beaucoup Fred et son style. Je trouve que c'est un excellent surfer ».
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En résumé, même avec une certaine position de leader ou de favori sur un Tour qu'on connaît bien et des spots qu'on maîtrise encore mieux, on n'est jamais à l'abris des surprises, des nouveaux, ou de leur enthousiasme. Et que la menace soit venue de Picon, De Souza, Sullivan, ou des autres, les anciens du WCT ont eu du fil à retordre. La victoire n'est jamais offerte, mais il semblerait qu'en prenant en compte les conditions de cette semaine, celle-ci ait été encore moins facile à décrocher.
Or si un compétiteur a véritablement menacé Slater, c'est Taj Burrow. Certes L'Australien n'est pas un débutant du Tour, mais il se remet à peine d'une blessure au pied qui l'a amené à quitter le circuit prématurément la saison dernière. Trois mois de rééducation pour une fracture et un programme intensif en parallèle ont permis de lui rendre la force et l'endurance nécessaires. « J'ai du tirer autant de bénéfices que possible de cette blessure. Pour la première fois de ma vie, j'ai été obligé de m'entraîner, de manger équilibré, et de faire attention à moi. J'étais tellement saoulé après trois mois passés sans bouger que j'avais hâte de retourner à l'eau. Je crois qu'il y a de fortes chances pour que ça me pousse à décrocher de meilleurs résultats cette année. C'est une expérience qui m'incite à désirer encore plus le titre mondial. Je ne veux plus jamais rester assis aussi longtemps. J'ai envie de faire partie de l'action et d'en extraire le maximum ».
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Plein de cette solide motivation, Taj Burrow a mis son plan à exécution... en éliminant Andy Irons. De son côté, Kelly Slater a vaincu Adriano De Souza, avant de s'attaquer à l'Australien dans un dernier heat intense. Un duel de titans qui a enthousiasmé les milliers de fans attroupés sur la plage. Entre les deux légendes, les 30 minutes de finale se sont transformées en pur surf-show, chacun recherchant la meilleure tactique.
Pendant que Burrow attendait les vagues les plus susceptibles de payer, Slater chargeait sur tout ce qui passait, accumulant des scores toujours plus hauts, jusqu'à atteindre un 9,0 sécurisant. Avec cette pression sur les épaules, Burrow, réputé pour être le surfer de petites vagues le « plus électrique », s'est retrouvé au pied du mur. Au final, lorsque l'Américain a rejoint la plage sur un 16,17, l'Australien devait se contenter d'un 14,60 et d'une seconde place sur le podium.
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« Kelly s'est vraiment bien débrouillé. Je n'ai pas obtenu les vagues dont j'avais besoin, mais je suis très heureux de ce résultat, et surtout d'être de retour dans l'eau et en compète », a avoué Taj Burrow.
Tout aussi satisfait, Slater a expliqué : « Ça faisait huit ans que je n'avais pas remporté le premier événement d'un tour. C'est une sensation géniale. C'est excellent de pouvoir profiter d'un tel lancement de sa saison. Je n'ai pas fini la dernière en super forme, alors ce démarrage, sur un tel spot est vraiment une bonne chose ».
Quant à savoir s'il est désormais motivé à s'impliquer dans la course au titre : « C'est un point sur lequel tout le monde s'interroge. Mais ce n'est pas mon sujet de préoccupation actuel. J'y pense, et je mentirais si je disais que ce n'est pas le cas... mais ça ne me torture pas au point de m'empêcher de dormir la nuit, et ce n'est pas ce qui me pousse à me lever le matin. C'est juste une idée pour l'instant ».
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Classement final
1. Kelly Slater (USA) 1200 pts 2. Taj Burrow (AUS) 1032 pts 3. Bobby Martinez (USA) 876 pts 3. Adriano de Souza (BRA) 876 pts 5. Andy Irons (HAW) 732 pts 5. Taylor Knox (USA) 732 pts 5. Raoni Monteiro (BRA) 732 pts 5. Damien Hobgood (USA) 732 pts 9. Joel Parkinson (AUS) 600 pts 9. Troy Brooks (AUS) 600 pts 9. Greg Emslie (ZAF) 600 pts 9. Travis Logie (ZAF) 600 pts 9. Tom Whitaker (AUS) 600 pts 9. Marcelo Nunes (BRA) 600 pts 9. Pancho Sullivan (HAW) 600 pts 9. Darren O'Rafferty (AUS) 600 pts
Autres récompenses
Kelly Slater (USA) remporte également le Evian Longest Tube Ride Award.
Meilleure Progression Phil Macdonald (AUS) Trudy Todd (AUS)
Rookie Of The Year Fred Patacchia (HAW) Clare Bevilacqua (AUS)
Champions ASP WQS Rebecca Woods (AUS)
Champions ASP Junior Kekoa Bacalso (HAW) Jessi Miley-Dyer (AUS)
Photos : ASPworldtour.com / Tostee
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