|
| Agoride > Surf > Events
|
| 16/08/2005
O'Neill Pro 2005
|
Beaucoup d'action... Que les conditions de début de semaine ne laissaient même pas espérer. |
| Plage des Cavaliers, Anglet |
| « Il pourrait se bouger un peu quand même... l'Océan. » |
C'est dans une ambiance très mitigée que débute cette onzième édition du O'Neill Pro. Bien sûr il faut justifier en expliquant qu'on n'est visiblement pas partis sous une bonne étoile... Je ne parle pas d'une question de mauvaise volonté, ou pire de dépression généralisée, d‘humeur noire contagieuse. Non. Ça se joue plutôt entre les mésaventures qui nous ont minées et l'éternel problème de « vagues ». Le constat affligeant tombe dès le début de la semaine, suivi d'un éventuel « coup de grâce » avec les prévisions météos.
|
| |
Je t'entend déjà dire : « Incroyable, ils ne sont jamais satisfaits... Je sais pas moi, y'a de quoi être assez content, il y a le ciel, le soleil, et la mer... Alors franchement il faut être vachement exigeant pour réclamer plus quand d'autres restent tout l'été à Paname ou Lille ». Soit je te l'accorde, on est à Anglet, au bord de l'océan et il fait beau. Mais ! Il ne faudrait quand même pas oublier qu'on n'est pas venu là en vacances (quand bien même ça pourrait y ressembler, en avoir le goût et l'odeur). Ça n'en est pas.
On est là pour faire du surf (et regarder éventuellement). On est là pour un contest. Pour l'excitation des rouleaux, le challenge, le suspense et la compétition. Sans demander du gros pour autant. On peut se contenter du moyen, voire du petit. Mais faudrait quand même que l'océan pense à se bouger un peu, ne serait-ce que par conscience professionnelle, quand des mecs sont venus des quatre coins de la planète pour y donner tout ce qu‘ils ont. Et qu'une grande marque a investi pour proposer un événement d'ampleur, encadré et sollicité.
|
| |
| « Parce qu'il n'y a pas que le côté glamour, paillettes et shorts à fleurs... » |
Or franchement, en arrivant dimanche, on a de quoi bouder. Lundi encore pire, parce que c'est en début de semaine qu'est supposée commencer la compète. Les surfers débarquent avec le sourire. Et puis plus rien. Ils se demandent déjà comment ils vont pouvoir gérer leurs heats sur le « lac ». Là, à Anglet, Plage des Cavaliers (spot reconnu), l'océan est plus calme que la Méditerranée en plein mois de juillet. Quoique, à ce que j‘ai entendu dire, même cette mer quasi-enclavée a eu droit à une houle à tout casser cette semaine. Nous, tout ce qu'on a, c'est une piscine géante avec un léger clapotis au bord, là où les « remous » s'écrasent sur le sable.
Bref, le programme tombe à l'eau d'entrée et le O‘Neill Pro est reporté au lendemain. Comme pour combler le vide du jour, on a droit à une étrange apparition en fin de journée (enfin un peu d'action !). Un dauphin rend visite aux baigneurs. Je ne rentrerai pas dans les détails, car les gardes-côtes retrouvent la créature sans vie deux jours plus tard.
|
| |
Mardi, à peine vingt centimètres de vaguelettes, et des prévisions toujours aussi pessimistes. Pour la peine, les organisateurs envoient quand même. Tant pis pour les athlètes, qu'ils se débrouillent. Il faut prendre une décision ou le contest ne sera jamais bouclé. Et comme on dit : un bon surfer doit être capable de rider de tout, du petit comme du géant, peu importe les conditions, et non pas s'arrêter au premier obstacle. Sinon où serait le fun ?
Mercredi, pareil avec des vaguelettes un peu plus hautes mais toujours à la limite du ridicule, et particulièrement courtes. Les séries s'enchaînent avant d'être interrompues par la tempête. Un bel orage qui annonce des rafales à 70 km/h, des éclairs (plutôt inquiétants pour les infrastructures métalliques de l'événement) et de la grêle qui ne tombera finalement jamais. Jeudi, en revanche, surprise, l'océan semble vouloir se réveiller. On repart de plus bel sous un beau soleil, des températures acceptables (c'est à dire ni étouffantes ni hostiles) et sur des vagues plus moyennes, plus exploitables, plus positives, quoique toujours un peu courtes.
|
| |
| « L'été de Tous les Records » |
Non, rassure-toi, on n'est pas sur France 3. Quoique j'affirme sans avoir vérifié, je n'ai pas encore regardé les programmes de la station régionale... Quand je parle de records, je parle de réécrire les livres d'histoire. D'histoire du surf en tous cas. Jeudi a été une journée mémorable, un moment à marquer d'une pierre blanche et dont les calendriers de l'industrie se souviendront longtemps. Les heats se sont tellement enchaînés, que 44 d'entre eux ont été bouclés en plus de dix heures d'affilée. Près d'un tour d'horloge de surf ininterrompu ! « Un record absolu, ça n'a jamais été fait avant ! », dixit Dave Mailman, commentateur de l'événement et homme de spectacle à l'occasion !
|
| |
Vendredi matin, premier appel entre 7 et 8 heures du matin. Généreux avec nous mêmes, nous nous accordons un lever presque tardif à 7h15, en ayant compté quinze minutes de rab pour la Carlos' marge. Précisons quand même que Carlos est le photographe qui nous conduit sur le site tous les jours, et que chaque fois il nous réserve une surprise : une attente de 45 minutes dans le hall de l'hôtel parce qu'il n'a pas entendu son réveil, un départ précipité sans petit-déjeuner parce qu'il a oublié qu'il voulait étudier les vagues avant la compète... Mais comment lui en vouloir quand on sait à quel point il est adorable ?
Et puis c'est un peu notre faute aussi, nous formons ce qu'on appelle communément une équipe de la lose. Ce sont de petits détails cocasses accumulés toute la semaine qui nous on fait prendre conscience de notre chance de perdants. On n'y peut rien, on essaie mais c'est comme ça. Il y a des choses qu'on ne change pas. Nous c'est ensemble, en duo, qu'on a la « lose attitude ». Et pourtant on arrive à faire fonctionner les choses avec succès malgré tout. Comme quoi, on doit être vraiment bons... individuellement. Et comme on dit, on ne change pas une équipe qui perd. Quoi, c'est pas ça ?
|
| |
| « Coming in Hot ! » |
... Comme dit si bien Dave Mailman (visiblement passé à l'école Dave Duncan...). Ce qui m'amène à ouvrir une parenthèse : Je me suis posé des questions sur Mailman. Je me suis longtemps intéressée à la façon dont il arrive à tenir. Plus de dix heures par jour au micro, à parler sans interruption pour assurer les commentaires des heats et autres du contest. Mais j'ai du baisser les bras devant ce phénomène inexpliqué. Cependant mon étonnement me pousse encore à m'interroger chaque fois que je le croise et remarque qu'il a l'air en pleine forme... à côté de moi. En tout, je ne l'ai vu prendre que deux pauses de cinq minutes le jeudi et il était encore capable de parler le lendemain.
Il a enchaîné de la même façon, s'accordant toujours cette même orgie de breaks. Incroyable ou inhumain, à toi de voir. D'autant plus quand il fait suivre les commentaires en français de traductions en anglais puis en espagnol. Voire en allemand ?! Ajoute à cela sa réputation de « Party Tiger », et tu obtiens un homme qui résiste à ce traitement quotidien sans dormir.
|
| |
Je n'ai encore trouvé aucune réponse à son impressionnante capacité à survivre. Et si tu as ne serait-ce qu'une idée pour m'éclairer, je te serais grée de me la transmettre. Ça pourrait me servir... Merci d'avance ! Fin de la parenthèse.
Le vendredi, les conditions sont chaudes. Les vagues moyennes et belles. Toujours aussi peu régulières, elles offrent néanmoins plus de possibilités. Le jeune Adriano de Souza en profite pour imposer sa présence et son style rapide avec des prises de risque totalement impulsives. Il prend toutes les vagues qu'il peut et affiche une détermination et un acharnement qui lui valent de passer en huitième. Je ne sais pas si les organisateurs ont tenté de battre le record du jeudi, mais ils n'en étaient pas loin. L'idée est de terminer la compétition le samedi qui s'annonce grandiose, pour éviter de poser la finale un dimanche prévu pour être « ultra-flat » et à côté duquel le lundi précédent prendrait des airs de Waimea !
|
| |
| « Des vagues Aussies. » |
Au début j'avais l'intention d'inventer le samedi. Estimant qu'un contest est toujours un peu prévisible et ayant un goût prononcé pour l'aventure, je me disais que je pourrais t'en faire profiter. Finalement, j'ai changé d'avis. En voyant que Adriano De Souza se faisait éliminer malgré des conditions tout fait correctes et que un à un les surfers les plus évidents laissaient leur place aux Australiens, j'ai commencé à penser que mon imagination ne serait pas nécessaire pour amener une certaine surprise.
En quart de finale déjà, seuls Tim Reyes (Californie/USA) et Izuki Tanaka (Japon) peuvent empêcher une finale purement Aussie. Sans vouloir leur imposer trop de pression, je pense qu'il serait néanmoins sage de le leur faire savoir ! Au cas où ils ne s'en seraient pas rendus compte d'eux même. Les épreuves deviennent de plus en plus tendues, et le format de un contre un y fait beaucoup. Il permet de clairement noter la différence entre ceux qui prennent toutes les vagues qui se présentent et ceux qui préfèrent attendre l'élue.
|
| |
Le talentueux mais impatient Izuki Tanaka (deuxième catégorie) contre le réfléchi et rodé Stedman (première). Stedman emporte le heat, et annonce par la même occasion que le podium sera australien. Précisons cependant, que le jeune Japonais est déstabilisé dès le début par un free-surfer en longboard qui se permet de le pousser dans le dos parce qu'il ride soi-disant Sa vague. Une honte ! « Mauvais Karma pour toi Longboarder ! », annonce Mailman. Et tout le monde est d'accord. A partir de ce moment-là, le jeune Izuki préfère s'exiler dans une zone plus reculée, mais aussi moins riche en possibilités... Dommage.
Bref la finale se joue entre Stedman et Nic Muscroft, autre talent du genre, sur de belles vagues, arrivant par séries (qu‘il faut parfois attendre longtemps), et de façon consistantes et régulières. Dix minutes avant la fin du temps réglementaire, les supporters australiens se sont organisés et sont déjà sur la plage, munis de leur drapeau et champagne au frais... Forcément, peu importe qui gagne, leur pays est à l'honneur. Pour la forme, je te le dis quand même : c'est Stedman, avec une série impeccable. C'était propre, c'était net, clair et implacable. Ça vaut bien 12.000 dollars.
|
| |
| Dans l'ordre ça donne... |
1. Luke Stedman (AUS) 2. Nic Muscroft (AUS) 3. Izuki Tanaka (JPN) 4. Steve Clements (AUS)
|
| |
|

|
 |
 |
|

|
| |
| Ajouter agoride.com à votre accueil personnalisé : |
| |
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|
|
|
|
 |
|
|
|
|