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| 21/04/2006
Hell's Bells (Beach)
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Un paradis pour les surfers en général et Slater en particulier qui remporte une nouvelle étape WCT. La meilleure tactique semble avoir payé parmi toutes. Alors Champion, on est en route pour la Coupe cette fois ou on se tâte encore ? |
Les contests se suivent et la compétition se dessine peu à peu. Encore une fois, sur la splendide régularité de Bells Beach (Victoria / Australie), le Champion du Monde en titre s'est imposé après une bataille qui l'a opposé à ses plus grands adversaires, Andy Irons (HAW) vainqueur de cette épreuve en 2002 et 2003, ou Trent Munro (AUS), gagnant en 2005 et quasi-local pour avoir surfé cette vague des centaines de fois lors des ASP Australasia Pro Junior Series.
Deuxième étape sur les douze du calendrier Hommes, le Rip Curl Pro (et ses trente-trois heures de lutte intenses) a fait ses débuts en 1973, ce qui l'inscrit comme l'événement le plus vieux du Tour. Il s'installe dans l'unique réserve de surf au monde : Bells Beach et ses divers breaks, dont The Bowl, Outside Bells, Rincon, Centreside, Southside et Winkipop...
Contrairement à la Gold Coast, qui accueillait la précédente épreuve WCT, Bells Beach ne profite pas de conditions tropicales. En effet, avec son swell originaire des profondeurs de l'Antarctique, les surfers avaient tout intérêt à s'habituer à la combard intégrale. Et alors que quelques mottes de neige coiffaient les sommets (et permettaient une ou deux virée sur les pentes en waiting-period), Bells Beach déroulait ses droites impeccables.
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C'est dans le swell grandissant et les vagues d'1,50 mètres de Winkipop qu'a été donné le coup d'envoi. Selon le format de compétition, les riders se sont affrontés pas trois sur seize heats, où chaque vainqueur intégrait directement le round 3, alors que les autres passaient au 2. On a compté pas mal de blessures dès le début des épreuves, et notamment Toby Martin (AUS) pour une épaule, Adrian Buchan (AUS) pour une cheville, et Raoni Monteiro (BRE) pour un genou, qui a été remplacé au round 1 par la terreur montante de Hawaii, Kekoa Bacalso.
« Raoni a déjà dépassé la déception que lui inflige son forfait au Rip Curl Pro », a expliqué Griggs, team-manager Rip Curl. « Et il est déterminé à revenir au mieux de ses capacités pour Tahiti ». « Oui, quelques semaines à la maison me suffiront pour me remettre totalement. Avec l'aide de mon médecin traitant et de ma soeurette », a ajouté Monteiro.
De son côté Andy Irons a su prouver sa grande forme en inscrivant d'entrée et dès son premier heat un 10 absolument parfait. Notons que pour porter ce score à son actif, l'Hawaiien a rentré pas moins de cinq power turns et deux flotteurs. Totalisant un très joli 17,83 fort efficace face au 17 de Slater.
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Très étrangement, il semblerait que ce Bells Beach ait motivé les esprits calculateurs. Chaque compétiteur semblait avoir adopté une tactique bien à lui, après avoir pratiqué une étude poussée de l'adversaire à battre... « J'ai vu Adriano [De Souza] remonter plus haut. Et j'ai compris que Robbo savait où s'asseoir », a avoué Slater. « Mais j'avais aussi repéré quelques belles lignes plus bas que personne n'avait pris au round précédent. Alors j'ai décidé de les laisser essayer leurs positions et s'affronter l'un l'autre, avant de prendre un départ rapide et de leur mettre un peu la pression depuis le bas du line-up ».
Pourtant fatigué du voyage, Slater a heureusement pu bénéficier d'une journée de repos après sa victoire au round 1. « Je suis juste très faible. Tout le monde pense que j'ai été malade. Mais ce n'est pas vrai. Je suis simplement épuisé par le trajet, le travail, et les autres activités hors-surf. J'ai besoin d'un peu de temps pour me relaxer parce que je manque pas mal d'énergie pour l'instant ».
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Certains ont toutefois prouvé ne pas souffrir de la fatigue ou du décalage horaire. C'est le cas de Taj Burrow (AUS), qui malgré une cheville abîmée à la fin de la saison dernière a inscrit son nom dans les annales avec un spectacle absolument mémorable sur les deux mètres de Bells Beach. Après sa seconde position derrière Slater lors du premier événement ASP de l'année, l'Australien n'a pas fini de démontrer sa soif de victoire et son enthousiasme. Et c'est devant une foule tenue en haleine pendant la demi-heure de son set, qu'il s'est octroyé un 18,17 de toute beauté.
« J'ai un peu changé ma façon d'appréhender les choses », a t-il expliqué. « J'essaie de surfer avec plus de confiance. J'ai toujours voulu faire comme si j'étais en free-session, mais je crois pouvoir m'y prendre avec de meilleures capacités maintenant. Je suis plus détendu ». Encore un stratège ?
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Voire une source d'inspiration quand on voit que son compatriote Mick Fanning a suivi ses traces dans le même round, avec un 17,96 et beaucoup de ferveur. « Après le premier événement sur la Gold Coast, où je n'avais obtenu que des scores très moyens, j'avais envie de montrer ce dont je suis vraiment capable. J'ai été très enthousiaste de voir Taj surfer l'autre fois. Et je l'ai vu repartir un dingue. C'est très bon d'avoir un exemple de ce genre quelques heats avant le tien. Ça permet de t'enflammer un peu ! », a t-il noté.
Entre deux épreuves, la waiting period a donné l'occasion de fêter dignement les 25 ans de l'événement depuis « Le Swell de tous les Swells » : une houle qui a servi le Rip Curl Pro en 1981. Une année où les riders s'étaient affrontés dans des vagues de trois mètres et les meilleures conditions jamais survenues de mémoire d'Australien. « Ce grand jour s'est avéré être le premier de l'étape. Et étrangement, malgré le swell énorme qui déferlait, l'eau était d'un bleu transparent plutôt magique. Chose très peu courante à Bells. Tout était impeccable », a raconté Anderson, vainqueur de l'époque.
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Pour en revenir à 2006, le swell des swells n'est malheureusement pas revenu, et c'est dans des conditions détériorées que les compétiteurs ont attaqué les phases finales. Ce qui n'a cependant pas empêché de belles séries : Luke Stedman (AUS) a égalé son meilleur classement jusqu'alors (cinquième à Jeffreys Bay en 2005) en éliminant Pancho Sullivan (HAW), alors que Shawn Cansdell a vaincu Paulo Moura (BRE), et Durbidge, Bruce Irons (HAW). De leur côté, Kelly Slater (USA) et Andy Irons (HAW) sont restés fidèles à leur duo en fermant la porte à Taylor Knox (USA) et Bobby Martinez (USA), respectivement en rounds 4 et 5.
« J'étais un peu nerveux à la fin du heat face à Pancho. J'étais toujours sur mes gardes, je savais qu'il n'avait besoin que d'un 6,0 pour revenir, et qu'il dispose d'une offensive incroyable sur les droites. Il est capable de tout faire. Il ne me restait plus qu'à m'asseoir et attendre la priorité en priant pour qu'aucune bonne vague ne vienne vers lui », a dévoilé Stedman concernant sa tactique.
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De son côté, Cansdell s'est également vanté d'avoir usé d'une stratégie pour faire reculer Moura, et d'en avoir retenu pas mal de satisfaction : « C'était un heat très serré entre moi et Paulo. Je voulais vraiment le faire passer derrière après ce qui s'est passé sur la Gold Coast. J'ai opté pour la seconde vague des sets car elles marchaient plutôt bien pour moi. Elles me convenaient ».
Mais les stratégies ne font pas tout. Ou alors est-ce la manière de les maîtriser au mieux ? Par l'expérience, la souplesse, le talent ? La chance aussi ? Toujours est-il que dans les vagues de trois mètres de Bells Beach, Kelly Slater a inscrit son nom en haut du classement, ce qu'il n'avait pas fait depuis 1994. C'est en effet avec beaucoup de classe qu'il a battu Joel Parkinson (AUS), pour la première fois dans un combat d'homme à homme sur le WCT. Bien qu'il ait pu être un peu été aidé par l'état de fatigue de son adversaire qui avait du surfer quatre fois cette même journée...
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De son côté, Cansdell s'est également vanté d'avoir usé d'une stratégie pour faire reculer Moura, et d'en avoir retenu pas mal de satisfaction : « C'était un heat très serré entre moi et Paulo. Je voulais vraiment le faire passer derrière après ce qui s'est passé sur la Gold Coast. J'ai opté pour la seconde vague des sets car elles marchaient plutôt bien pour moi. Elles me convenaient ».
Mais les stratégies ne font pas tout. Ou alors est-ce la manière de les maîtriser au mieux ? Par l'expérience, la souplesse, le talent ? La chance aussi ? Toujours est-il que dans les vagues de trois mètres de Bells Beach, Kelly Slater a inscrit son nom en haut du classement, ce qu'il n'avait pas fait depuis 1994. C'est en effet avec beaucoup de classe qu'il a battu Joel Parkinson (AUS), pour la première fois dans un combat d'homme à homme sur le WCT. Bien qu'il ait pu être un peu été aidé par l'état de fatigue de son adversaire qui avait du surfer quatre fois cette même journée...
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« Ça fait des années que je n'ai pas obtenu de bon résultat ici. C'était un peu frustrant pour moi. Mais cette année, je m'en suis tenu à mon plan de jeu et tout a marché impeccablement, très tranquillement », a expliqué Slater. « Par chance, nous avons bénéficié d'un bon surf tout au long de l'événement. J'ai d'ailleurs remarqué que je me débrouillais mieux sur le gros que sur le petit. Je me suis vraiment donné à fond sur ce 9,67 mais mis à part ça, il est très difficile d'inscrire de grands scores avec le vent qui souffle à dix nœuds. Ça a été une très belle journée, et sans doute la meilleure que j'ai passée à Bells Beach dans toute ma vie ».
Par la même occasion, cette coupe a offert à l'Américain le record du plus grand nombre de victoires ASP World Tour, jusqu'alors détenu par Tom Curren avec 33 contests. « Je n'y avais pas pensé jusqu'à ce que je sois dans l'eau. Ça me rend heureux. D'autant que c'est arrivé à Bells Beach, et que de façon ironique c'est ici que Tom Curren avait remporté son premier titre. Il est mon héro depuis toujours, alors j'aimerais lui dédier ma victoire ».
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« Ça a été une finale difficile », a avoué Parko. « A peine on était entré dans l'eau que le choix des vagues devenait difficile. J'ai commencé à avoir des crampes, et pourtant je continuais à penser ‘si ma vague arrive, je me donnerai à 100 pour-cent'. Mais elle n'est jamais venue, alors je suis resté assis là et j'ai regardé le temps passer. C'est une véritable punition physique. On finit son run sur Bells et on doit déjà lutter à la rame avec le shore break. On n'a jamais de répit ».
Joel Parkinson est désormais troisième au classement général, mais il garde en lui toute sa confiance et l'espoir de remporter la prochaine étape WCT. Quant à savoir si Slater s'est oui ou non décidé à se concentrer sur la Coupe Mondiale, ses réponses restent évasives. Sans doute préfère t-il garder une part de mystère sur ses ambitions, ou trouve t-il là un moyen de se couvrir, d'inciter le suspense, ou autre ?
« D'une certaine manière [ça donnerait un sens à tout ça de vouloir décrocher le titre mondial cette année encore], mais ça peut être amusant aussi de ne pas le désirer ». En attendant de comprendre et de réfléchir là-dessus... tous les regards se tournent vers le prochain contest du Tour. Ce sera Tahiti, il fera beau, il fera chaud, et il y aura (peut-être) même un bout de sable blanc.
Photos : ASPworldtour / Karen
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