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| 16/05/2006
Billabong Pro Tahiti
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Les meilleurs surfers du monde, hommes et femmes, sur la vague la plus massive de la planète. En une semaine de compétition les membres du WCT ont exploité les solides conditions qui font la réputation de Teahupoo. |
| Billabong Pro Femmes |
Seulement quelques jours après avoir négocié les vagues de Fidji, les 17 rideuses d'élite du Tour se sont retrouvées à Tahiti, sous un climat non moins exotique et accueillant. Troisième événement du calendrier ASP, le Billabong Pro Tahiti ouvrait une waiting period de 13 jours pour deux de compétition. Après ses deux victoires successives en ce début d'année, l'Australienne Melanie Redman-Carr partait en grande favorite, devant sa compatriote, la Championne du Monde en titre Chelsea Georgeson.
« Après avoir vu la façon dont les filles prenaient les tubes à Fidji, j'avais vraiment hâte d'arriver ici où les barrels sont encore plus gros. C'est un contest de tube-rides, tout se résume à qui va entrer et qui va sortir, et tout dépend de la vague. Tu peux te donner à 100% et te faire doubler quand même si tu n'as pas misé sur la bonne », expliquait Redman-Carr.
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Bien qu'elle tenait sa pôle position au classement général, la maîtresse des lieux était une Hawaienne. En effet, depuis la création de cette compétition à Teahupoo en 1999, Keala Kennelly a vaincu trois fois sur sept en 2000, 2002, et 2003, en plus de rentrer dans l'histoire en devenant la première surfeuse à y prendre un tube massif en tow-in. Si elle avait été d'attaque, elle aurait sans doute fait beaucoup d'ombre à l'actuelle première. Seulement, à cause d'une chute de freesurf à Fidji, qui l'a fait atterrir sur un récif, Keala Kennelly a passé les premiers jours du Billabong Pro à Papeete, où des examens médicaux approfondis ont déterminé la gravité des séquelles, et vérifié qu'elle ne s'est pas fracturée de vertèbre.
La « Reine de Chopes » aurait sans doute été déçue de ne pas commencer en même temps que les autres concurrentes (qu'elle a rejoint en round 3) si les conditions avaient été plus massives. Mais c'est finalement sur des vagues de un mètre environ qu'ont débuté les épreuves. Elle en aurait été d'autant plus désappointée que l'événement n'apparaît pas sur le calendrier ASP de l'année prochaine...
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En effet, Teahupoo présente une vague tellement dangereuse que la sécurité des compétiteurs est souvent tendue, et que les organisateurs ne tiennent à les envoyer dans l'eau qu'avec des conditions optimales. Or, trouver six journées d'exception pour deux compétitions (homme et femme) dans une même waiting period est un défi difficile à relever. En contrepartie, le sponsor a pris l'initiative de remplacer le Teahupoo Femmes par un Billabong Pro Brésil, pendant que les officiels étudieront les alternatives pouvant ramener le contest en Polynésie.
Bref, on commençait à s'imaginer que rien ne pouvait arrêter le bulldozer Redman-Carr cette année, et pourtant il s'en est fallu de peu que la jeune wildcard Nicola Atherton (AUS) rende service aux surfeuses encore en course pour le titre mondial : Layne Beachley, Sofia Mulanovich, et Chelsea Georgeson. « Ça a été très chaud pour moi. Et j'ai du ramer tout le long du round pour essayer de rattraper mon retard », racontait Redman-Carr. « Je savais que Nicola était capable de me sortir, et je me voyais déjà éliminée. Il fallait que je me débarrasse d'elle si je voulais pouvoir avancer ici, et j'ai plus souffert de la pression dans ce troisième round qu'en finale à Fidji ».
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De son côté, la six-fois Championne du Monde Layne Beachley admirait la scène depuis la plage, croisant les doigts pour la victoire de Nicola. « J'étais déjà prête à partir à la rencontre de Nicola pour la remercier ». C'est là que par manque d'expérience, la jeune wildcard a commis une erreur tactique qui a permis à la favorite de se refaire. En laissant filer une vague de taille modeste, elle a permis à sa compatriote de rentrer quelques virages sur la lèvre qui lui ont donné son meilleur score avec un total de 13,90 sur 20. « C'est une leçon qui va beaucoup enseigner à Nicola. Mais, elle signifie aussi que je dois maintenant me battre si je veux espérer le titre. Ç'aurait été agréable de quitter cette compète en première position, avant les quelques mois de repos et de revenir en août avec moins de pression sur les épaules », s'attristait Beachley.
Au lieu de ça, Melanie Redman-Carr a encore frappé, s'imposant pour la troisième fois cette année, et renforçant sa position au classement. Alors qu'elle avait perdu contre Georgeson en finale de ce même événement l'an passé, Redman-Carr a eu sa revanche haut la main sur des vagues de 1,50 à 2 mètres. « C'est incroyable. Je suis heureuse et surprise d'y être arrivée. Je n'aurais même pas osé en rêver ! Ma première victoire sur la Gold Coast m'a motivé, et j'en ai profité pour me pousser à continuer », expliquait la gagnante. « Je sais que le titre est à portée de main, mais je ne dois sous-estimer personne. Il reste encore cinq étapes et beaucoup de filles sont capables d'en remporter plusieurs ».
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L'Australienne reste sur ses gardes, car bien qu'elle l'ait battu sur cette location, elle considère toujours Georgeson comme son adversaire la plus redoutable : « Je sais que Layne a de meilleurs résultats, mais Chelsea est celle que je dois surveiller. Elle surfe très bien dans n'importe quelles conditions, et ça joue beaucoup. Elle aurait gagné aujourd'hui si les vagues avaient fermé ». De son côté, Chelsea Georgeson s'est exprimé en ces termes : « C'est toujours difficile de rentrer en course en tant que challenger. Et maintenant que Mel a trois événements à son actif, je commence à me demander : ‘Est-ce que je peux la rattraper ?'. Il est toujours plus dur de perdre que de gagner. Mais il reste cinq contests et je pense que tout peut arriver ».
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Classement Billabong Pro Tahiti Femmes 1. Melanie Redman-Carr (AUS) 2. Chelsea Georgeson (AUS) 3. Heather Clark (ZAF) 4. Layne Beachley (AUS) 5. Rebecca Woods (AUS)
Classement ASP Femmes 1. Melanie Redman-Carr (AUS) 3600 points 2. Layne Beachley (AUS) 2700 points 3. Chelsea Georgeson (AUS) 2088 points 4. Rebecca Woods (AUS) 1668 points 5. Rochelle Ballard (HAW) 1476 points 5. Samantha Cornish (AUS) 1476 points 5. Heather Clark (ZAF) 1476 points 8. Sofia Mulanovich (PER) 1464 points 8. Keala Kennelly (HAW) 1464 points 8. Claire Bevilacqua (AUS) 1464 points 11. Silvana Lima (BRA) 1284 points 12. Megan Abubo (HAW) 1272 points 12. Trudy Todd (AUS) 1272 points 14. Jessi Miley-Dyer (AUS) 1080 points 14. Julia Christian (USA) 1080 points 16. Jacqueline Silva (BRA) 720 points 16. Serena Brooke (AUS) 720 points
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| Billabong Pro Hommes |
En parallèle de l'événement féminin, la compétition masculine était organisée sur le même spot, avec cette fois, quatre jours de surf plein pour finaliser les épreuves. Sur la briseuse ‘Chopes', 45 participants se sont aventurés à leurs risques et périls et nombreux sont ceux qui en ont souffert dès le premier round. Toby Martin (AUS) a du déclarer forfait pour une épaule, qu'il s'est blessé à cause d'un bras encore convalescent abîmé chez lui sur un récif de Dee Why Point à Sydney. Raoni Monteiro (BRE) a du abandonner après avoir trop forcé sur un genou encore fragile, qui l'avait déjà obligé à refuser la compétition à Bells Beach. Quant à Adrian Buchan (AUS), il doit quitter le Tour pour une cheville douloureuse.
En gros, une déception pour de nombreux pros, et une chance pour plusieurs wildcards, dont quatre locaux sur-motivés : Hira Terinatoofa (Monsieur Novembre du calendrier Agoride), Heiarri Williams, Manoa Drollet et Steve Pierson, tous maîtres dans l'art de contrer les espiègleries de Teahupoo. « Hira est un vrai performer sur Chopes », précisait Trent Munro (AUS), « Il a toujours le potentiel pour sortir les grands. Manoa, de son côté, peut faire beaucoup de dégâts. S'il s'enflamme rien ne l'arrête ».
Mais ce Billabong Pro représentait également un challenge tout particulier pour Kelly Slater (USA), qu'une nouvelle place en haut du podium aurait fait entrer dans l'histoire avec un record supplémentaire : celui du plus grand nombre de victoires, toujours détenu par Tom Curren (USA) et ses 33 titres. L'an dernier déjà, le sept-fois Champion du Monde avait fait parler de lui sur cette épreuve en rentrant un score parfait de 20 sur 20 en finale, face à Damien Hobgood (USA), et en surfant le même jour ce qui avait été qualifié de vague la plus incroyable jamais ridée dans l'histoire de l'ASP. « C'est un contest spécial, il permet de rentrer dans le rush, le challenge, et l'inconnu. Il y a une énergie étrange ici qu'on ne retrouve pas sur les autres spots, pas même sur Pipe. C'est une expérience de surf véritablement unique. », a t-il philosophé.
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Son plus grand adversaire sur Teahupoo, l'Hawaiien Andy Irons est arrivé sur les lieux d'autant plus motivé qu'il lui fallait mettre un terme aux succès de Slater pour avoir une chance de rêver au titre cette année : « Tous les contests sont importants. J'ai eu un début un peu lent cette année, alors gagner ici pourrait me rendre service. Kelly totalise déjà deux victoires mais l'année est encore longue. » L'année est encore longue certes, mais l'événement difficile pour Andy Irons et Mick Fanning (AUS), qui se sont faits calmer par le local Manoa Drollet (PYF), et Danny Fuller (HAW) imbattable dans un tube. « Les wildcards sont les plus dangereux sur ce genre de contests, parce qu'ils connaissent la vague par cœur et sont plus féroces que n'importe qui d'autre sur le Tour. Ils ont la rage », ajoutait Irons. Et ça fait mal ? La rage ?
Toujours est-il que c'est avec un run aussi solide qu'impressionnant que le jeune Polynésien s'est octroyé un 8,67. Quelques minutes plus tard, sous l'effet de la pression, Irons et Lopez se sont mis à ramer ensemble pour partir, évitant l'accident de justesse. Sur la vague suivante, Irons ayant de nouveau essayé de forcer le passage a été sanctionné d'une pénalité. Heureusement, plus de manque de civisme que de mal. « Ça a été un heat difficile, c'est sûr. Mais c'est toujours bon de savourer une victoire dans ces conditions, contre les meilleurs surfers du monde. Pourtant, je sais bien qu'Andy aura du mal à accepter cette histoire. Il va tout faire pour atteindre le prochain round et me faire face. Juste pour prendre sa revanche ! », soulignait Drollet.
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Plus tard, c'est Heiarri Williams qui s'est chargé d'éliminer Mick Fanning définitivement, avec autant de style que d'intrépidité. À 19 ans tout juste, le jeune regular a une approche frontale de Teahupoo, dont il attaque les barrels avec l'arrogance passionnée du connaisseur. « Mick Fanning a bien surfé. Mais j'ai mieux surfé que lui », résumait-il. « Tous mes amis et ma famille sur l'île criaient : ‘Vas-y Heiarri, vas-y !'. Alors j'y suis allé et je l'ai fait. J'ai même pleuré après. Je suis tellement heureux ». De son côté, Andy Irons devait de nouveau rencontrer Manoa Drollet en round trois (comme le Tahitien l'avait prédit)... Or, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, ce n'est pas un local qui a éliminé l'ex-Champion du Monde, mais un Australien, Dean Morrison, qui a sorti l'Hawaiien au cours d'un duel explosif. « Je savais que j'avais fait une bonne vague, mais j'étais persuadé que Andy avait gagné. J'étais en train de le féliciter pour sa victoire quand ils ont annoncé que j'étais en tête sur ce heat. J'étais déjà heureux d'avoir donné ce que je pouvais, mais de savoir que j'avais gagné contre le meilleur surfer qui soit me rend encore plus fier. »
Kelly Slater n'a pas eu beaucoup plus de chance qu'Irons cela dit. À peine a t-il progressé un peu plus loin dans la compétition, qu'il devait la quitter, vaincu par Fred Patacchia (USA). Dans le feu de l'action et sous la pression constante, les deux surfers ont repoussé leur limites jusqu'à la rupture, du moins celle de Slater et de sa board. Alors qu'ils attaquaient la vague, tels deux pitbulls sur un os, Patacchia gagnait en puissance et en confiance à mesure qu'il posait quelques beaux virages et cut backs. Du coup, Slater a pris l'initiative de remonter pour exécuter un backside floater énergique. Mais imprimant son virage trop tard, et sur une lèvre à la fois trop lourd et trop épaisse, il a raté son replaquage, se blessant les côtes par la même occasion. Essayant de récupérer, il a voulu achever une dernière ligne, au bout de laquelle sa planche est arrivée en deux morceaux...
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« C'est une blessure que je me suis faite en finale à Bells. Je suis retombé aujourd'hui, et j'ai atterri les côtes sur ma planche. Je ne pouvais ni ramer ni respirer profondément. Je n'aurais pas du surfer après ça. Je ne sais pas si ça a aggravé les choses, mais c'est très douloureux. Je n'irais sans doute pas à Fidji si je me sens toujours dans cet état une semaine avant le début des épreuves. Ça me permettra de me reposer en attendant le Mexique, fin juin. Fidji présente de grosses vagues, qui peuvent être dangereuses. Je ne voudrais pas engendrer d'avantage de dommages internes ».
C'est donc le rookie Bobby Martinez (USA) qui a remporté ce Billabong Pro Tahiti, face à un autre gamin : Fred Patacchia Jr. (HAW), Rookie of the Year 2005 ! Sur des vagues de deux mètres, Bobby Martinez a rentré ce qu'on pourrait qualifier de tube-rides les plus longs et profonds de la compétition. À mesure que la fin approchait, Patacchia et Martinez se sont littéralement enflammés, mixant tube-rides et tricks dans un show de très haut niveau. « Après que Patacchia ait gagné son 8,10, ma tête a commencé à tourner. Je me demandais si j'avais raté ma chance, laissé passer une opportunité. Je n'ai pas vu le barrel mais je l'ai vu reposer son air. Enfin heureusement, il n'a pas eu les points suffisants et j'ai gagné ! Je suis comblé, je ne pensais vraiment pas que j'y arriverais cette année, j'en suis le premier surpris ».
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Il y a de quoi exulter effectivement. Avoir gagné l'un des événements les plus prestigieux, sur l'un des spots les plus agressifs, et face à l'élite du surf international... à un si jeune âge. Ça promet.
Maintenant s'il fallait résumer le contest en une phrase, le mieux serait de citer Hira Terinatoofa : « Il n'y a pas de peur à avoir. C'est une histoire entre toi, l'océan, et trente minutes. Le mec qui prend les meilleures vagues est celui qui remporte le heat. Peu importe si tu est bon ou non, attrape juste les meilleures vagues et tu gagneras ».
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Classement Billabong Pro Tahiti Hommes 1. Bobby Martinez (USA) 2. Fred Patacchia (USA) 3. Taylor Knox (USA) 4. Kelly Slater (USA) 5. Danny Fuller (HAW)
Classement ASP Hommes 1. Kelly Slater (USA) 5276 points 2. Bobby Martinez (USA) 2676 points 3. Taylor Knox (USA) 2208 points 4. Andy Irons (HAW) 2064 points 5. Taj Burrow (AUS) 2042 points 5. Joel Parkinson (AUS) 2042 points 7. Damien Hobgood (USA) 1742 points 7. Bruce Irons (HAW) 1742 points 9. Fred Patacchia (HAW) 1667 points 10. Greg Emslie (ZAF) 1610 points
Photos : ASPworldtour / Tostee Présentation : Melanie Redman-Carr
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